En visite à Kaboul, Gates s'excuse lui aussi pour les civils tués par l'Otan

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Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, arrivé lundi en Afghanistan pour une visite surprise, s'est à son tour excusé pour les victimes civiles récemment tuées par l'Otan, comme l'avait fait avant lui le président Barack Obama, pour tenter d'apaiser la colère des Afghans.

M. Gates a atterri dans la matinée à Kaboul dans un contexte de tensions entre le président afghan Hamid Karzaï et la force de l'Otan menée par les Américains, six jours après qu'elle a tué neuf civils, des enfants qui ramassaient du bois selon les autorités afghanes, dans l'est du pays.

"Cela nous brise le coeur", a affirmé M. Gates en s'excusant pour cet incident, lors d'une conférence de presse tenue en début de soirée avec M. Karzaï au palais présidentiel, et en admettant cette affaire était un revers dans les relations entre les deux pays.

M. Karzaï a indiqué "respecter" les excuses de M. Gates, semblant se montrer plus conciliant que la veille lors du conseil des ministres afghans, où il avait affirmé que les excuses de l'Otan n'étaient "pas suffisantes" et demandé à la force d'arrêter de tuer des civils une fois pour toutes.

Le président afghan a réaffirmé lundi que son peuple voulait "la fin" des victimes civiles, et non une simple réduction de leur nombre, en soulignant qu'elles étaient la principale cause de la détérioration des relations entre les deux pays.

La mort des neuf civils a provoqué plusieurs manifestations anti américaines dans le pays ces derniers jours, et conduit le président Obama a exprimer la semaine dernière ses "profonds regrets" à M. Karzaï. Le commandant de la force de l'Otan, le général américain David Petraeus a lui présenté des excuses pour cette "tragédie", ajoutant en assumer la responsabilité.

Selon l'Isaf, qui a diligenté une enquête, les victimes ont été tuées par erreur par un hélicoptère de combat appelé en renfort après que des rebelles eurent attaqué une base militaire américaine.

M. Gates a par ailleurs indiqué que ses troupes étaient "bien placées" pour entamer un retrait limité d'Afghanistan en juillet, comme cela est prévu.

Washington n'a pas encore précisé combien de soldats américains, sur les 97.000 présents dans le pays, allaient être retirés à partir de juillet.

Robert Gates a ajouté que Washington était "pleinement préparé" à maintenir des troupes dans le pays pour aider le gouvernement après la fin 2014, date à laquelle l'Otan doit en principe transférer la responsabilité de la sécurité du pays aux forces afghanes.

M. Gates prévoit, lors de cette visite de deux jours, de rendre visite aux soldats dans l'est et le sud du pays, et de rencontrer le général Petraeus, selon ses services. "Aucune décision ne sera prise pendant cette visite", a déclaré son porte-parole, Geoff Morrell, en arrivant à Kaboul.

Mais "cela lui (Gates) donnera des informations pour la prise de décisions dans les mois prochains", a-t-il ajouté.

Il s'agit de la 13e visite de M. Gates en Afghanistan, le dernière remontait à décembre dernier.