Bagdad: Un an après les élections législatives, les Irakiens manifestent leur mécontentement

MONDE Ils dénoncent les promesses non tenues par la classe politique...

© 2011 AFP

— 

Un demi-millier de personnes ont manifesté ce lundi dans le centre de Bagdad, un an jour pour jour après les législatives, pour dénoncer les promesses non tenues selon eux par la classe politique et exprimer leurs remords d'avoir participé au scrutin.

«Maliki, corrige le tir, sinon tu vas finir comme Moubarak!», ont scandé des manifestants à l'adresse du Premier ministre irakien, l'index peint en rouge et tendu en l'air. Lors des législatives du 7 mars 2010, chaque électeur devait tremper son doigt dans une encre violette pour prouver qu'il avait voté.

«Nous regrettons d'avoir participé à une élection qui n'a servi à rien»

La manifestation, qui s'est déroulée dans le calme place Tahrir, au pied de la «Liberté», un bas relief monumental érigé en 1961, s'inscrit dans un mouvement de contestation plus général en Irak inspiré des révoltes populaires dans le monde arabe.

«Nous regrettons d'avoir participé à une élection qui n'a servi à rien. Les dirigeants n'ont rien fait en un an», a déclaré à l'AFP Afifa Thabit, 57 ans, militant au sein du Comité des femmes irakiennes, une ONG locale. «Il y a tellement de choses qui ne vont pas en Irak». Pour lui voter était une première.

«Nous voulons que le gouvernement résolve nos problèmes»

Maan Thamer, un étudiant de 19 ans, regrette aussi de s'être rendu aux urnes car «aucune» promesse électorale n'a été tenue. Le jeune homme aux cheveux rasés arbore au poignet un bandeau éponge où apparaît le visage de Che Guevara sur fond rouge, jaune et vert. «Nous ne voulons pas renverser l'ordre établi», précise-t-il. «Nous voulons que le gouvernement résolve nos problèmes». «Avez-vous un emploi pour moi, monsieur le Premier ministre», peut-on lire sur un écriteau que tient à bout de bras Haidar Mohamed, un chômeur de 32 ans.

Les résultats des législatives - les secondes depuis la chute de Saddam Hussein en 2003 - avaient été particulièrement serrés, si bien que les Irakiens ont dû attendre neuf mois pour que leur gouvernement soit investi en décembre, un mois après un accord de partage de pouvoir entre toutes les factions. Mais un an après le scrutin, la crise politique est encore loin d'être terminée, certains des portefeuilles les plus importants, comme ceux de la Défense et de l'Intérieur, n'ayant toujours pas été attribués.