Pyongyang demande à Séoul de lui remettre quatre nord-coréens

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Pyongyang a exigé ce lundi que Séoul conduise à la frontière intercoréenne quatre Nord-Coréens, demandeurs d'asile présumés, afin qu'ils confirment leur volonté de rester au Sud, un nouvel incident dans les relations déjà tendues entre les deux voisins.

Les quatre Nord-Coréens, deux hommes et deux femmes, se trouvaient parmi 31 personnes à bord d'un bateau de pêche passé accidentellement dans les eaux sud-coréennes début février. Séoul avait annoncé jeudi que quatre des passagers souhaitaient rester au Sud, provoquant la colère de Pyongyang qui assure que les 31 Nord-Coréens veulent rentrer chez eux.

Une rencontre organisée lundi

Le Sud a tenté vendredi de rapatrier, à leur demande, 27 Nord-Coréens mais le Nord a refusé de les accepter, insistant pour que la totalité des passagers lui soit rendue. Pyongyang a accusé Séoul d'avoir fait usage de "duperie" pour forcer les Nord-Coréens à rester au Sud afin d'accentuer encore les tensions dans la région.

Ce lundi, la Croix-Rouge nord-coréenne, contrôlée par le régime, a proposé une rencontre à ce sujet mercredi dans le village frontalier de Panmunjom afin d'organiser «un rapide rapatriement de tous ceux retenus», selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

Selon KCNA, lors de cette rencontre, des responsables nord-coréens seront accompagnés de membres des familles des quatre transfuges présumés. Pyongyang a également demandé à Séoul la participation des quatre transfuges. En réponse, le Sud s'est dit ouvert à un dialogue mais a indiqué que les quatre transfuges ne seraient pas présents.

Les Nord-coréens le souhaitant peuvent rester au Sud

Séoul a également indiqué qu'il prévoyait de rapatrier les 27 autres Nord-Coréens ce lundi après-midi et demandé au Nord de les accepter. En fin d'après-midi, Pyongyang n'avait pas répondu, a indiqué le ministère sud-coréen de l'Unification, en charge des relations avec le Nord.

Selon Lee hae-Young, secrétaire général de l'Association des transfuges nord-coréens à Séoul, les familles des transfuges encourent des sanctions, des peines de prison dans des camps ou un déménagement forcé à la campagne.

Lundi, le Nord a également accusé les Etats-Unis d'avoir convaincu les quatre Nord-Coréens d'avoir fait défection. Une équipe d'enquêteurs de la force des Nations unies, qui supervise l'application de l'armistice de 1953, a rencontré les quatre demandeurs d'asile. «Il est apparu qu'ils ont décidé de rester (au Sud) de leur propre volonté, de rester», a indiqué David Oten, porte-parole des forces américaines en Corée du Sud.

Le Sud rapatrie les Coréens du Nord qui franchissent par erreur la frontière maritime et qui souhaitent rentrer chez eux. Ceux qui veulent rester au Sud se voient automatiquement accorder ce droit.