L'Autriche ne veut pas extrader en Serbie un ancien général accusé de crimes de guerre

Avec Reuters

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L'Autriche n'extradera pas vers la Serbie un ancien général bosnien accusé de crimes de guerre par Belgrade, a déclaré ce lundi le ministre autrichien des Affaires étrangères. La police autrichienne a arrêté jeudi soir à l'aéroport de Vienne Jovan Divjak, déclenchant une querelle diplomatique entre l'Autriche et la Bosnie, qui réclame également son extradition, les crimes qui lui sont reprochés ayant été commis sur son sol.

Divjak fait partie d'un groupe de 19 anciens responsables bosniens accusés par la Serbie d'avoir participé à l'attaque d'une colonne de l'ex-armée yougoslave en mai 1992 à Sarajevo, au début de la guerre de Bosnie (1992-1995).

«Un signal en direction du peuple»

«Selon nos experts du droit international, une extradition vers la Serbie est inconcevable», a dit le chef de la diplomatie autrichienne, Michael Spindelleger, au journal Kurier. Un porte-parole du ministère a confirmé l'information, décrite comme «un signal en direction du peuple bosnien». L'ancien général, qui est respecté par toutes les communautés de Bosnie, a monté de sa retraite une organisation qui aide les orphelins de guerre à obtenir des bourses d'enseignement, ce qui a contribué à sa popularité.

Il est le troisième responsable bosnien de haut rang à être interpellé en dehors de son pays pour des crimes commis en territoire bosniaque pendant la guerre de 1992-1995. Un tribunal autrichien a ordonné son maintien en détention pendant 2 semaines.