Turquie: de nouveaux journalistes inculpés

MONDE Cinq nouveaux journalistes turcs critiques du régime sont accusés d'être liés à un complot présumé...

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Cinq journalistes turcs ont été inculpés dans la nuit de dimanche à lundi par une Cour d'Istanbul pour implication dans un complot présumé contre le gouvernement islamo-conservateur, au lendemain de l'inculpation de deux autres journalistes connus dans cette affaire qui provoque des remous, rapportent les médias.

Les cinq suspects avaient été placés en détention préventive lors d'une nouvelle rafle jeudi contre dix personnes, dont la plupart des journalistes. Le journaliste et universitaire Yalçin Küçük figure parmi ces suspects inculpés et écroués dans une prison d'Istanbul, selon les chaînes de télévisions.

Critiques du régime

Tôt samedi, Nedim Sener et Ahmet Sik, deux journalistes d'investigation, connus pour leur critique du régime du gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, ont été inculpés dans l'affaire Ergenekon, qui aurait visé à déstabiliser le gouvernement par le biais d'un coup d'Etat militaire.

La Turquie, où 61 journalistes sont emprisonnés et des milliers d’entre eux objets de poursuites, est régulièrement montrée du doigt pour ses atteintes à la liberté de la presse. L'opposition et une importante partie de la presse affirment que cette enquête qui a provoqué l'incarcération depuis 2007 de centaines de personnalités d'opposition, vise à enrayer toute contestation politique en Turquie.

Accusations sur des preuves secrètes

Dimanche le parquet d'Istanbul a affirmé que ces journalistes n'avaient pas été inculpés pour leur écrits ou leurs opinions mais à cause «de preuves qui ne peuvent être rendus publiques», selon une déclaration écrite. L'UE, les Etats-Unis et les organisations de défense des droits de l'Homme ont fait part de leur préoccupation quant à la liberté d'opinion en Turquie. Deux autres suspects arrêtés jeudi ont été libérés au terme de leur interrogation.Trois autres journalistes avaient été inculpés il y a deux semaines.

Recep Tayyip Erdogan a rejeté pendant le week-end toute volonté d'ingérence de son gouvernement, accusé de dérive autoritaire, dans les affaires judiciaires. Le président, Abdullah Gül, s'est pour sa part dit «inquiet» dimanche de ces développements, qui, selon lui, ternissent l'image de son pays.