pékin sur la défensive face au risque de contestation

Faustine Vincent

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Une quinzaine de journalistes ont été interpellés hier en Chine.
Une quinzaine de journalistes ont été interpellés hier en Chine. — A. WONG / AP / SIPA

Les autorités redoutent que les révolutions arabes ne se propagent à la Chine. Ces dernières semaines, les messages appelant à des rassemblements pour la démocratie inspirés de la « révolution du jasmin » en Tunisie se multiplient sur le Net. Face au risque d'un mouvement de contestation généralisé – pourtant jugé improbable par les analystes –, Pékin déploie ses forces de sécurité en masse et tente de museler la presse étrangère. Au moins une quinzaine de journalistes qui s'étaient rendus hier sur les lieux des manifestations ont été interpellés.

Mise en garde directe
Alors que l'assemblée annuelle du Congrès national du peuple s'ouvrait hier, Pékin a adressé la mise en garde la plus directe depuis le début des soulèvements arabes à travers un éditorial publié par le Beijing Daily, un organe officiel de l'administration. Evoquant les soulèvements populaires en Tunisie, en Egypte et en Libye, le texte affirme « qu'ici ou depuis l'étranger, certains individus nourrissant des arrière-pensées essaient de déclencher ce chaos en Chine, se servant d'Internet pour fomenter des rassemblements illégaux ». « La stabilité est une bénédiction », insiste l'éditorial. Fait sans précédent, le Premier ministre, Wen Jiabao, a reconnu hier que l'inflation (+ 5 % ces derniers mois) avait provoqué de « vives réactions » dans la population. Pour parer à toute colère sociale, il a donc ajouté que la « stabilisation des prix » devra être considérée comme la « priorité ».

improbable

Selon Mathieu Duchâtel, d'Asia Centre, « la révolte ne prendra pas tant que le mouvement de contestation des jeunes intellectuels urbains, qui appellent à manifester sur le Net, ne sera pas connecté à celui des populations rurales ».