EN DIRECT: Kadhafi s'accroche au pouvoir

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LE POINT A 20H00:

L'opposition, maître de vastes régions de Libye, a continué d'organiser la lutte armée et annoncé la création d'un Conseil militaire. Mais des militaires pro-régime ont renforcé la frontière avec la Tunisie, où des milliers de personnes continuaient d'affluer dans un chaos grandissant.

Les Occidentaux continuaient d'envisager tous les scénarios, y compris militaires. Des navires de guerre américains se rapprochaient de la Libye. La création d'une zone d'exclusion aérienne était évoquée. La communauté internationale mettait aussi en place le gel des avoirs du clan Kadhafi. Le prix du pétrole continuait d'augmenter. FIN DE NOTRE DIRECT

19H37 - Dans Adjabiya - "Nous nous préparons seulement à défendre mais pas à passer à l'offensive", indique le général Sultan Yehia, 65 ans, commandant de ce bastion rebelle le plus avancé à l'est de Tripoli. Nous ne pouvons pas attaquer parce que Syrte est toujours aux mains de l'armée de Kadhafi", souligne-t-il, en référence à la ville natale du dirigeant libyen, quelque 400 km plus à l'ouest, raconte-t-il à un des envoyés spéciaux de l'AFP, Selim Saheb Ettaba

19H30 - En approche - Un navire de guerre américain, l'USS Kearsarge, avec à son bord plusieurs centaines de Marines, se rapproche de la Libye. Ce porte-hélicoptères transport de chalands de débarquement, et les deux vaisseaux qui l'accompagnent, s'apprêtait à emprunter le canal de Suez en provenance de la mer Rouge. "Nous déplaçons des éléments pour les rapprocher" de la Libye, a dit un responsable militaire.

18H51 - "Les Africains souffrent" - Des Maliens rapatriés à Bamako racontent le sort des Africains en Libye. Des jeunes "ont volé notre argent et ont blessé quelqu'un parmi nous", raconte un ouvrier, Ibrahim Ombotimbe. "Arrivés à la frontière tunisienne, les policiers ont volé beaucoup de nos portables. Certains pensent que les Africains sont avec Kadhafi". Des témoignages font état de la présence de mercenaires d'Afrique subsaharienne enrôlés par Kadhafi.

18H25 - Le pétrole grimpe - Peu après 18H00, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 113,73 dollars à Londres, en hausse de 1,93 dollar par rapport à la veille. "Les inquiétudes sur l'offre libyenne ont un peu diminué", selon un expert. Mais "l'attention se porte désormais sur les contestations, soulèvements et possibles perturbations de la production en Algérie, à Oman, en Iran et bien entendu en Arabie saoudite".

18H18 - "Le reste est ok" - Seif Al-islam, le fils cadet de Kadhafi reconnaît qu'il n'y a plus d'"armée organisée" dans l'est, mais relativise avec aplomb. "Il y a un problème à l'est, il faut l'admettre. Mais l'est ne représente que 20% du pays. Le reste est ok". "Il existe quelques groupes terroristes, en petit nombre, dans deux villes. Ils veulent créer leur propre Etat (...) disposent d'une petite milice, mais ça ne rime pas à grand-chose", explique-t-il à la TV britannique Sky News.

18H10 - Démocratie ou guerre civile - "Dans les années à venir, la Libye pourrait devenir une démocratie pacifique ou s'enfoncer dans une guerre civile prolongée" et sombrer dans le chaos, déclare la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, lors d'une audition au Congrès.

18H05 - Forces spéciales canadiennes - "Les forces spéciales canadiennes (JTF2, Joint Task Force Two) sont en attente de départ pour la Libye", a annoncé le spécialiste militaire du quotidien Le Devoir, Alex Castonguay, sur le réseau de micro-blogs Twitter. Le ministère de la Défense a refusé de commenter.

17H58 - Etat de guerre à Zenten - Cette ville à 145 km au sud de Tripoli, est sous le contrôle de l'opposition. L'envoyée spéciale de l'AFP Deborah Pasmantier décrit une ville en état de guerre, soulevée contre le "tyran". Les habitants ont passé une nuit d'angoisse, craignant une contre-offensive ou des bombardements. L'opposition revendique le contrôle de plusieurs autres villes autour de la capitale et dans l'Ouest, dont Nalout (230 km de Tripoli) et Zawiyah (60 km).

Zone d'exclusion

17H22 - Mauvaise note - L'agence Fitch baisse de trois crans la note souveraine de la Libye.

17H06 - RENFORT - Des militaires loyaux au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi renforcent la frontière avec le sud de la Tunisie.

16H50 - "Bunkérisé" - A Paris, le tout nouveau chef de la diplomatie Alain Juppé souligne devant les députés que Kadhafi est "bunkerisé à Tripoli et ses abords". "Au stade où je vous parle, il n'y a pas d'intervention militaire anticipée. Différentes options peuvent être étudiées, notamment celle d'une zone d'exclusion aérienne, mais (...) aucune intervention ne se fera sans un mandat clair du Conseil de sécurité des Nations Unies".

16H44 - Mise en garde militaire - Alors que la communauté internationale envisage une zone d'exclusion aérienne en Libye, un général américain met en garde. Pour créer une telle zone, qui protègerait les opposants d'attaques des forces pro-Kadhafi, il faudra au préalable détruire les défenses anti-aériennes du pays.

16H25 - "Tripoli est pris en otage" - A Benghazi, où s'organise l'insurrection, le général Ahmed Qatrani, chargé des forces militaires sur place, exclu une marche ou des opérations de soutien aux opposants dans la capitale. "Nous sommes en contact avec les opposants là-bas, mais ils nous demandent de ne rien faire. Ils disent être capables" de mener eux-mêmes l'insurrection. Pour lui, "Tripoli est pris en otage" par les forces pro-Kadhafi.

16H22 - Embryon d'armée - L'insurrection annonce la création d'un conseil militaire à Benghazi. Il doit être l'embryon d'une future armée et faire à terme la liaison avec des organisations similaires dans les autres villes "libérées".

15H55 - Zone d'exclusion - A Londres, le Premier ministre David Cameron juge "légitime" d'envisager la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Libye. "Il n'est pas acceptable que le colonel Kadhafi puisse assassiner son propre peuple, avec des avions et hélicoptères de combat".

15H45 - Au Niger - Quelque 1.500 Nigériens ont déjà fui les violences, la plupart par leurs propres moyens. Ils se trouvent à Dirkou, localité proche de la frontière libyenne. Plusieurs milliers de Nigériens vivent en Libye, la plupart travaillant comme ouvriers clandestins.

15H16 - Pression américaine sur Kadhafi - "Nous allons faire pression sur lui économiquement conjointement avec le reste de la communauté économique. Nous allons faire pression sur lui militairement", assure l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice. "Nous cherchons tous les moyens de limiter la capacité de Kadhafi à se réarmer et se réapprovisionner en moyens financiers et militaires". "Cela va prendre du temps avant que les sanctions produisent un effet", a-t-elle cependant reconnu

14H30 - SOMMET EXTRAORDINAIRE DE L'UE LE 11 MARS SUR LA SITUATION EN LIBYE ET EN AFRIQUE DU NORD - Ce sommet, qui se tiendra à Bruxelles, était réclamé par Nicolas Sarkozy.

Gel des avoirs

13H58 - Envoyé spécial - L'Allemagne réclame qu'un envoyé spécial de l'ONU soit dépêché en Libye pour y marquer "la présence" de la communauté internationale et gérer les besoins humanitaires.

13H43 - Décrochage boursier - La Bourse saoudienne, premier marché financier arabe, vient de céder 6,8% à la clôture. Les craintes d'une extension des troubles dans la région ont provoqué la baisse, la plus forte depuis novembre 2008 lors de la crise financière.

13H30 - "Politiquement mort" - "Nous considérons que même si Kadhafi parvient maintenant à maîtriser la situation, c'est un homme politiquement mort qui n'a pas sa place dans le monde contemporain civilisé". C'est une source au Kremlin qui s'exprime ainsi. C'est la première fois que la Russie appelle le dirigeant libyen à quitter le pouvoir.

12H49 - Pearsons et la Libye - Le gel en Grande-Bretagne des avoirs contrôlés par Mouammar Kadhafi touche le grand groupe d'édition Pearson, qui édite notamment le célèbre Financial Times. La Libyan Investment Authority (LIA), un fonds souverain, possède environ 3,27% des actions du groupe britannique. Ces parts valent plus de 300 millions d'euros.

12H35 - Deux millions - En Allemagne, le gouvernement gèle des avoirs d'un fils de Mouammar Khadafi, déposés auprès d'une banque privée. Soit deux millions d'euros. Le gouvernement ne précise pas lequel des fils Kadhafi est visé.

12H30 - Peu d'impact - La révolte dans les pays arabes "ne devraient pas ou peu affecter l'approvisionnement des consommateurs français" en pétrole, selon le ministre de l'Industrie et de l'Energie Eric Besson. "Les entreprises pétrolières ont déjà sécurisé des circuits d'approvisionnement alternatifs" et "il existe au sein de l'OPEP des capacités importantes d'exportation non exploitées". De plus, "la France dispose de 90 jours de stocks stratégiques de pétrole brut et de produits raffinés". 17% de l'approvisionnement français en pétrole provient de Libye et 17% de l'approvisionnement de gaz d'Algérie.

12H10 - Libérer Tripoli - « La priorité c’est de protéger les villes, de nous défendre, de ne pas perdre ce que nous avons gagné. L’étape suivante sera de mettre sur pied une armée d’union pour libérer Tripoli », déclare Hadel à Mariano Rolando, journaliste de l’AFP, dans la ville "libérée" de Benghazi. Ce militaire de réserve a rejoint les forces armées passées à l’opposition et se trouve dans un centre de maintenance de batteries anti-aériennes.

11H52 - L'armée chinoise mobilisée - La Chine a déjà évacué 32.000 de ses ressortissants. Environ 2.000 Chinois sont encore en cours d'évacuation. Pékin a dépêché une frégate lance-missiles ainsi que des avions de transport militaires lors de cette vaste opération.

Crise humanitaire

11H30 - L'UE se dit prête - L'Union européenne est prête à faire face à un afflux massif de réfugiés et ne les repoussera pas. "Ce qui peut être fait est fait et nous avons envisagé tous les scénarios, même si les gens ne sont pas encore là", a expliqué la commissaire chargée de l'immigration et de la sécurité, Cecilia Malmström. Les personnes fuyant la Libye "ne seront pas repoussées".

11H20 - "Crise" - La situation des réfugiés à la frontière tunisienne atteint un niveau de "crise", annonce le Haut commissariat aux réfugiés (HCR). 70.000 à 75.000 personnes ont passé la frontière depuis le 20 février, selon une porte-parole. 14.000 personnes ont traversé la frontière hier et de 10 à 15.000 autres étaient attendues aujourd'hui.

11H10 - Pause pour le pétrole - Les cours du brut marquent une pause dans les échanges en Asie, l'Arabie saoudite ayant promis d'"assurer la stabilité du marché pétrolier". Le baril de "light sweet crude" gagnait certes 44 cents à 97,41 dollars, mais avait dépassé les 100 dollars la semaine dernière. Le Brent de la Mer du Nord grappillait 62 cents à 112,42 dollars, après avoir approché les 120 dollars il y a quelques jours.

10H40 - Gel - A son tour, l'Autriche décide le gel des avoirs de Kadhafi et de ses proches visés par les sanctions de l'UE. Les avoirs libyens en Autriche s'élèvent à environ 1,2 milliard d'euros mais il reste à déterminer si ces sommes sont détenues par des personnes visées par les sanctions ou non.

10H30 - "Très confuse" - Silvio Berlusconi prêche la prudence sur la Libye, "où la situation est très confuse" et en particulier sur un exil de Kadhafi."Attendons. (...) Il faut aujourd'hui beaucoup de prudence parce que la situation en Libye est en continuelle évolution", explique-t-il dans un entretien au quotidien Il Messaggero.

EN DIRECT - La communauté internationale poursuit ses pressions pour obtenir le départ du colonel Kadhafi, retranché à Tripoli, et évoque l'idée d'une zone d'exclusion aérienne.