Une intervention militaire en Libye est possible, mais pas imminente

MONDE Plusieurs options sont envisagées par la communauté internationale...

Corentin Chauvel

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Malgré les appels répétés au départ et l’étau qui se resserre autour de lui, Mouammar Kadhafi n’a pas changé de stratégie: il restera au pouvoir coûte que coûte. Celle de la communauté internationale, elle, évolue de jour en jour. Après les sanctions économiques (gel d’avoirs, rupture de relations financières), d’autres résolutions sont envisagées, dont l’option militaire.

Quand l’administration américaine indique qu’«aucune option n’est exclue», ce n’est qu’une «déclaration de principe», explique à 20minutes.fr Bruno Tertrais, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique. «Les Etats-Unis ne vont certainement pas envahir la Libye comme l’Irak», ajoute-t-il.

Interdiction de survol ou corridors humanitaires?

Toutefois, deux types d’intervention sont actuellement discutés au Conseil de sécurité des Nations unies. La première, qui revient le plus souvent, est une interdiction de survol du territoire libyen, comme en Irak ou en ex-Yougoslavie. Objectif: empêcher tout bombardement de l’armée libyenne sur des civils et tout renfort de mercenaires africains par les airs. Concrètement, cela reviendrait à faire patrouiller des avions alliés dans le ciel libyen. Mais cela implique l’acheminement de porte-avions en Méditerranée ou l’emploi de bases dans la région (Tunisie, Egypte).

La deuxième option consiste en la mise en place de corridors humanitaires sécurisés par des armées occidentales. Il s’agirait ici pour elles de «protéger des populations civiles face au risque de génocide», indique Bruno Tertrais, qui estime qu’il n’y a cependant «pas de tragédie humanitaire» en Libye actuellement. «Nous sommes face à une répression violente et à un conflit armé», précise-t-il.

Le chercheur ne voit pourtant «pas d’action militaire imminente» dans le pays. Selon lui, la présence de navires militaires américains en Méditerranée ne représente qu’une «manœuvre d’intimidation». De plus, la Russie et la Chine «sont très réticentes à approuver une option militaire». Bruno Tertrais croit ainsi qu’une intervention directe et armée serait en revanche inévitable «si la Libye utilise des armes chimiques» par exemple.