« Notre ligne, c'est pas d'ingérence »

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Laurent Wauquiez.
Laurent Wauquiez. — CHAMUSSY / SIPA

Hier, Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes, remplaçait MAM à une réunion du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Il réagit aux critiques sur la diplomatie française.

Quel regard portez-vous

sur l'affaire Alliot-Marie ?
L'impact le plus négatif de tout cela, c'est qu'on a regardé le changement du monde par le petit bout de la lorgnette, via des affaires politico-françaises. Dans la communication de la ministre, il a pu y avoir des maladresses, mais sur le fond, elle n'a rien fait d'illégal.
La France a été lente au démarrage face aux révolutions arabes…
Cela fut le cas pour tout le monde. Notre ligne, c'est pas d'ingérence. Ce n'est pas à nous de choisir qui dirige un pays. Mais la France doit défendre la liberté d'expression et les droits de l'homme.
Proposer au régime tunisien le savoir-faire de nos forces de l'ordre, c'était

un moyen de défendre cette liberté ?
Ce que nous a rappelé la révolution tunisienne – et c'est une leçon pour la diplomatie française –, c'est que la liberté d'expression et les droits de l'homme sont universels. Oui, l'histoire est allée plus vite que ce que nous avions analysé. Toutes les diplomaties ont été dépassées. Maintenant, la question, c'est comment on accompagne cette transition démocratique pour qu'elle réussisse et que les menaces sous-jacentes – le terrorisme, l'intégrisme et l'immigration illégale – ne se concrétisent pas. Il faut aborder ces sujets sans cynisme ni naïveté. Cessons l'autoflagellation. Il s'agit maintenant d'être au rendez-vous. Un échec en Tunisie serait un échec pour l'Europe. Une réussite serait une garantie de stabilité pour elle.
Recueilli par Faustine Vincent