Révolte en Libye: Kadhafi prêt à accueillir une mission des Nations unies... qui discutent d'une intervention militaire

MONDE Selon Susan Rice, le leader libyen est «déconnecté de la réalité»...

Avec Reuters

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Mouammar Kadhafi, le 13 février, à Tripoli, en Libye.
Mouammar Kadhafi, le 13 février, à Tripoli, en Libye. — Reuters

La communauté internationale durcit le ton. Accusant le n°1 libyen d'être «en proie à des fantasmes» et d'être «déconnecté de la réalité», la représentante permanente des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, a déclaré lundi que des sanctions des Nations unies devraient faire réfléchir les dirigeants libyens aux conséquences de leurs actes.

La diplomate a également indiqué qu'un embargo pétrolier frappant la Libye faisait actuellement l'objet de discussions actives à New York, siège de l'organisation internationale. Selon Susan Rice, qui s'exprimait à l'issue d'une rencontre à la Maison blanche entre le président Barack Obama et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, les Etats-Unis discutent aussi avec leurs partenaires de l'Otan ainsi que d'autres pays alliés d'options militaires concernant la Libye.

Le Pentagone a repositionné sa flotte au voisinage de la Libye. Pour l'instant, le département d'Etat d'Hillary Clinton n'a fait aucune demande d'intervention et les navires pourraient n'être utilisé que pour escorter un effort humanitaire.

«Mon peuple m'aime»

Un peu plus tôt, dans une interview à ABC, Kadhafi a un peu plus attisé la colère des manifestants, lançant: «Tout mon peuple m'aime. Il mourrait pour me protéger.»

Interviewé par Christiane Amanpour, le dirigeant libyen a nié avoir fait attaquer des manifestants par son aviation. Mais il a affirmé que des avions avaient bombardé des sites militaires et des dépôts de munitions.

Sur le site internet d'ABC, Amanpour précise que Kadhafi a accordé cette interview parce qu'il voulait «faire connaître la vérité».

Démissionner? Une idée qui fait rire Kadhafi

Riant à la seule idée de démissionner comme l'y incitent les plus hauts responsables américains, Kadhafi semble nier entièrement l'ampleur du mouvement déclenché contre son règne de 41 ans, bien qu'il ait soustrait à son emprise l'est de la Libye et menace Tripoli de plus en plus près.

 

Kadhafi, qui a juré de survivre au soulèvement, a accusé Al Qaïda d'inciter de jeunes Libyens à s'emparer d'armements. Il a aussi accusé les pays occidentaux d'abandonner son gouvernement en plein milieu de sa lutte contre les «terroristes», ajoutant qu'il se sentait trahi par les Etats-Unis.

Kadhafi a dit que le président Barack Obama était un «homme valable» mais qu'il semblait mal informé de la situation en Libye.