Zagreb: affrontements entre manifestants et la police, 33 blessés

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Trente-trois personnes ont été blessées et plus d'une cinquantaine d'autres interpellées lors d'affrontements qui ont opposé la police samedi à Zagreb à plusieurs centaines de manifestants, en marge d'un rassemblement d'anciens combattants.

Les organisateurs de ce rassemblement souhaitaient dénoncer le gouvernement croate, lui reprochant de ne pas protéger suffisamment les anciens combattants contre des poursuites judiciaires pour crimes de guerre perpétrés lors du conflit de 1991-1995 pour l'indépendance de la Croatie.

Quinze mille personnes environ, selon la police, ont participé à ce rassemblement qui a appelé aussi à la démission de la Première ministre, Jadranka Kosor, dénonçant le chômage élevé dans le pays, la mauvaise situation économique et la corruption.

Mais des affrontements se sont produits entre la police et des manifestants, pour la plupart des jeunes, qui avaient décidé de se diriger vers le bâtiment abritant le gouvernement, dans la vieille ville de Zagreb.

La police a précisé que ces manifestants ne faisaient pas partie du rassemblement en faveur des anciens combattants.

Selon un journaliste de l'AFP, la police anti-émeutes a fait usage de matraques pour disperser les protestataires qui lançaient divers projectiles, pierres, briques, bouteilles, contre les forces de l'ordre, tout en agitant des fumigènes.

Cinquante-huit personnes ont été interpellées pour "comportement violent", a indiqué la police.

"Leur objectif était de susciter des troubles et de créer des violences contre les forces de l'ordre", a déclaré à la presse un représentant de la police, Tomislav Buterin.

Une porte-parole de la police, Jelena Bikic, a indiqué à l'AFP que les manifestants appartenaient à un groupe anti-gouvernemental, organisé via Facebook et rejoint par des supporters de football.

Un photographe de l'AFP a également été interpellé. Il a été relâché en début de soirée après huit heures passés dans un commissariat de Zagreb.

Le photographe a expliqué qu'il avait été interpellé car il ne s'était pas écarté de la scène des affrontements comme la police le lui demandait, alors qu'il était en train de prendre des clichés.

Selon des témoins, d'autres journalistes ont été interpellés. La police ne l'a toutefois pas confirmé.

Selon Tomislav Buterin, 33 personnes ont été blessées lors des heurts, parmi lesquels 21 policiers. Et parmi les 12 manifestants et passants blessés, deux l'ont été sérieusement.

Le rassemblement des anciens combattants, samedi à Zagreb, était le plus important de ce type depuis l'arrestation en janvier en Bosnie d'un ancien combattant croate, Tihomir Purda, réclamé par la Serbie.

"Les vétérans croates sont des héros!", "Arrêtez la persécution des anciens combattants", "Trahison, trahison", figuraient parmi les mots d'ordre repris par la foule qui réclamait la démission du gouvernement.

Beaucoup en Croatie considèrent les anciens combattants comme des héros et le symbole de la lutte pour l'indépendance.

Le porte-parole du gouvernement, Mladen Pavic, a dénoncé entre temps les violences enregistrées en marge du rassemblement des anciens combattants.

"Selon certaines informations, des partis de l'opposition étaient impliqués dans l'organisation et le financement des violences", a-t-il dit sans autres détails.