Iran: Khatami demande la libération de Moussavi et Karoubi

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L'ancien président iranien Mohammad Khatami a demandé la fin du régime de résidence surveillée des deux chefs de l'opposition réformatrice, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, a rapporté samedi son site internet personnel Khatami.ir.

"Pourquoi des gens comme M. Moussavi et M. Karoubi et leurs épouses qui ont un passé glorieux dans la révolution et dans la République islamique et dont la fidélité à la révolution et à la République islamique ne fait pas de doute doivent être mis en résidence surveillée ?", a demandé M. Khatami à un groupe de professeur d'université et de religieux.

"Ce genre d'action font que des gens qui sont contre le régime (islamique, ndlr) et ne veulent pas le bien de l'Iran prennent les devants et utilisent les sentiments des jeunes", a-t-il ajouté.

"J'espère qu'à l'approche de la nouvelle année iranienne (qui débute le 20 mars, ndlr), on verra la fin de la résidence surveillée et des restrictions, la libération des prisonniers et la création d'un climat sûr et libre (...) dans lequel le vote des gens sera déterminant", a dit M. Khatami, président entre 1997 et 2005.

C'est la première fois que Mohammad Khatami, qui avait lancé le mouvement de réformes en 1997, demande la libération de MM. Moussavi et Karoubi.

M. Karoubi et son épouse, tout comme l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi et son épouse, sont en résidence surveillée à leur domicile et totalement coupés du monde depuis la semaine dernière.

A l'appel de MM. Moussavi et Karoubi, plusieurs milliers de personnes étaient descendues dans la rue le 14 février dernier pour participer à une manifestation dans le pays malgré son interdiction par le pouvoir.

Deux personnes avaient été tuées et plusieurs autres blessées lors de ces manifestations.

Les sites de l'opposition réformatrice iranienne ont appelé à de nouvelles manifestations le 1er mars pour protester contre le placement "illégal" en résidence surveillée des deux personnalités.

En revanche, l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani, qui avait pourtant soutenu indirectement M. Moussavi lors de la présidentielle contestée de juin 2009, remportée par le président Mahmoud Ahmadinejad, a condamné la manifestation de l'opposition le 14 février.

"Le devoir du régime et de la population est clair: il faut agir contre les individus et groupes ennemis qui sont en petit nombre et cherchent (...) à affaiblir le régime", a déclaré M. Rafsandjani, cité par l'agence Ilna, en parlant de la manifestation du 14 février.