Vague de contestation au Maghreb et Moyen-Orient, derniers développements

© 2011 AFP

— 

Voici les derniers développements au Maghreb et au Moyen-Orient, où une vague de contestation sociale et politique sans précédent est réprimée, parfois dans le sang, par des régimes autoritaires.

LIBYE: Le face à face perdurait en Libye où la détermination des opposants à chasser le colonel Mouammar Kadhafi du pouvoir ne faiblissait pas, celui-ci tenant toujours la capitale Tripoli.

"Il semble que "Kadhafi ne contrôle plus la situation", a estimé le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, critiqué dans le passé pour avoir reçu avec faste le dirigeant libyen.

Alors que la région orientale pétrolifère est aux mains de l'opposition armée qui met en place une nouvelle administration, des tirs ont de nouveau été entendus dans certains quartiers de Tripoli durant la nuit.

YEMEN: D'importants chefs tribaux ont annoncé leur ralliement à la contestation du président du Yémen Ali Abdallah Saleh, alors que de véritables scènes de guerre dans le Sud ont fait au moins trois morts.

Ce ralliement, après celui de l'opposition parlementaire et des rebelles zaïdites (chiites) dans le Nord, élargit encore le cercle des contestataires du régime de Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

BAHREIN: Des responsables de l'opposition ont indiqué que le "dialogue national" censé sortir le royaume de Bahreïn de la crise où il est plongé depuis près de deux semaines n'avait pas encore commencé, attendant des "clarifications" du gouvernement.

Des milliers de manifestants ont commencé à défiler samedi à Manama aux cris de "va-t'en Hamad", le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al-Khalifa, au lendemain d'une marche massive demandant la chute du gouvernement.

TUNISIE: Vingt-et-un policiers ont été blessés et au moins trois commissariats incendiés ou saccagés lors des heurts vendredi avec des manifestants qui ont attaqué le ministère de l'Intérieur en plein centre de Tunis, a annoncé samedi le ministère.

Plus de 100.000 personnes, mobilisées via Facebook, avaient réclamé dans la journée le départ du gouvernement de transition dirigé par Mohammed Ghannouchi au cours de la plus grande manifestation à Tunis depuis la chute du président Ben Ali le 14 janvier.

JORDANIE: L'opposition jordanienne a décidé de monter d'un cran son mouvement de contestation, accusant samedi le gouvernement de "manque de sérieux" dans les réformes, au lendemain de la plus grande manifestation dans la capitale depuis le début de la protestation en janvier.

Vingt-cinq activistes politiques ont décidé par ailleurs de camper dans la nuit de vendredi à samedi sur la place de la Mairie, entamant une contestation qui, disent-ils, "se poursuivra jusqu'à la réalisation de réformes".

ALGERIE: Une centaine de manifestants pour un changement politique en Algérie ont été bloqués samedi par la police dès leur arrivée au lieu de rendez-vous dans le centre d'Alger, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le président du Parti pour la Culture et la Démocratie (RCD), le député Saïd Sadi, s'est retrouvé encerclé, avant même l'heure prévue du début de la marche, par les forces de l'ordre sur la Place des Martyrs.

Les forces de l'ordre ont réussi à repousser vers le front de mer tout proche les partisans du RCD.

EGYPTE: L'armée égyptienne a présenté ses excuses après des affrontements dans la nuit entre des militaires et des manifestants sur la place Tahrir au Caire, mais des militants ont appelé à de nouveaux rassemblements samedi pour dénoncer ces violences.

Peu après minuit vendredi soir, la police militaire a encerclé quelques centaines de manifestants et les a dispersés à coups de matraques et d'armes à électrochocs de type Taser, selon un responsable de sécurité et des témoins.

IRAN: Les sites de l'opposition réformatrice iranienne ont appelé à de nouvelles manifestations le 1er mars pour protester contre le placement "illégal" en résidence surveillée de ses deux principaux dirigeants, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi.

IRAK: Le guide spirituel de la communauté chiite, le Grand Ayatollah Ali Sistani, a exigé la suppression des avantages que se sont octroyés les hommes politiques irakiens, au lendemain des manifestations de colère qui ont fait seize morts.