Grèce: Une nouvelle journée de grève générale pour protester contre la politique de rigueur

RIGUEUR Un rassemblement est prévu à la mi-journée à Athènes...

Reuters

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Des manifestants devant le Parlement grec, à Athènes, le 9 février 2011.
Des manifestants devant le Parlement grec, à Athènes, le 9 février 2011. — REUTERS/Yiorgos Karahalis

Transports publics, aériens et maritimes perturbés, services publics et écoles fermés: la Grèce devrait tourner au ralenti ce mercredi, alors que la première grève nationale de l'année a lieu pour protester contre la politique de rigueur du gouvernement.

Le service minimum sera assuré dans les hôpitaux, seuls les vols d'urgence seront autorisés à décoller entre 10 heures et 14 heures et les bâteaux resteront à quai pendant 24 heures. «Syndicats, travailleurs, retraités et chômeurs sont unis. Nous sommes déterminés à continuer», a indiqué le premier syndicat grec du secteur privé GSEE dans un communiqué. «Le peuple et leurs besoins doivent passer avant les profits et les chiffres.»

Déblocage d'une nouvelle tranche d'aide

Le gouvernement socialiste a baissé l'an dernier les salaires et le montant des retraites et a augmenté les impôts dans le cadre du plan de réduction des dépenses et déficits publics engagé avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) en échange d'un prêt de 110 milliards d'euros. L'UE et le FMI ont donné leur feu vert début février au déblocage d'une nouvelle tranche d'aide de 15 milliards d'euros qui viennent s'ajouter aux 38 milliards déjà reçus par la Grèce.

Des milliers de salariés du privé et du public, des étudiants et des retraités devraient se joindre au cortège à Athènes et défiler jusqu'au parlement pour protester contre le plan d'austérité. La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré mardi qu'un allongement des délais de remboursement du prêt accordé à la Grèce pourrait être envisagé. Mais le Premier ministre grec, George Papandréou, en visite à Berlin, a exclu toute restructuration de la dette.

La popularité du gouvernement en question

Selon les analystes, le mouvement de grève n'est pas en mesure de faire modifier la politique du gouvernement mais le taux de participation pourrait donner une idée de la popularité dont jouit ce dernier. «Le gouvernement n'a pas de marge de manoeuvre pour changer sa politique», a souligné Costas Panagopoulos, chef de l'institut de sondage Alco. «Mais la majorité des Grecs estiment que la charge n'est pas répartie équitablement et ceci constitue un problème.»

Le syndicat du secteur privé GSEE et celui du secteur public Adedy, qui avec 2,5 millions de salariés, représente environ la moitié des travailleurs grecs, ont appelé à résister aux mesures d'austérité qui selon eux sapent l'économie du pays. Le chômage a atteint un taux record de 13,9% en novembre et le PIB grec s'est contracté de 4,5% en 2010. Des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées devant la parlement à Athènes le 15 décembre dernier et des heurts avaient alors éclaté avec la police.