Chronologie du Liban post Rafic Hariri

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Ces tirs ont été déclenchés deux jours après l'assassinat d'un dirigeant du Jihad islamique au Liban dans un attentat à la voiture piégée imputé par le groupe radical à l'Etat hébreu, malgré le démenti de ce dernier.
Ces tirs ont été déclenchés deux jours après l'assassinat d'un dirigeant du Jihad islamique au Liban dans un attentat à la voiture piégée imputé par le groupe radical à l'Etat hébreu, malgré le démenti de ce dernier. — Mahmoud Zayat AFP
2005

Février
14: un attentat à l'explosif à Beyrouth contre Rafic Hariri fait 18 morts. L'opposition exige une enquête internationale sur cet assassinat. Le lendemain, le Conseil de sécurité de l'Onu demande à Kofi Annan un rapport sur les circonstances de la mort de l'ancien Premier ministre et réclame le retrait des troupes syriennes du Liban.
16: début de manifestations quotidiennes de l'opposition contre la présence syrienne.
23: plus de deux cents personnalités syriennes appellent, dans une lettre ouverte, le président Bachar al-Assad à retirer l'armée syrienne du Liban.
24: les gouvernements libanais et syrien annoncent un redéploiement des troupes syriennes vers la plaine de la Békaa (est).
28: le gouvernement d'Omar Karamé démissionne.

Mars
8: à l'appel des partis chiites Hezbollah et Amal, près de 400 000 personnes manifestent à Beyrouth en faveur de la Syrie et contre l'ingérence de Washington et Paris.
10: Omar Karamé est à nouveau chargé par le président Emile Lahoud de former un gouvernement. Il invite l'opposition à participer à un gouvernement d'union nationale, ce que celle-ci refuse.
14: près d'un million de personnes manifestent à Beyrouth, dans un rassemblement sans précédent, pour réclamer la vérité sur l'assassinat de l'ex-dirigeant Rafic Hariri et le départ du chef de l'Etat libanais pro-syrien Emile Lahoud et de ses chefs de sécurité.
19 au 26 : Série d’attentats sur le territoire
25: la mission d'enquête de l'Onu publie un rapport au ton acerbe qui désigne la Syrie comme responsable de la tension au Liban avant l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, mais ne dit pas qui en est l'auteur.
29: Omar Karamé annonce qu'il renonce à former un gouvernement, puis se rétracte 2 jours plus tard.

Avril
1er : Attentat dans le village de Broumana
2: neuf personnes sont blessées dans un attentat à l'explosif contre un centre commercial de la région chrétienne du Metn, à l'est de Beyrouth. C'est le quatrième attentat à l'explosif frappant les régions chrétiennes depuis le 19 mars. Les trois autres attentats avaient fait au total trois tués et 17 blessés
3: la Syrie et l'Onu parviennent à un accord sur le retrait de toutes les troupes syriennes déployées au Liban avant le 30 avril.
7: le Conseil de sécurité des Nations unies décide de mettre en place une Commission internationale indépendante, dirigée par le juge Detlev Mehlis, pour enquêter sur l'assassinat de Rafic Hariri.
13: Omar Karamé renonce à former un nouveau gouvernement en raison de divergences, au sein même du clan pro-syrien, sur la loi qui doit organiser les législatives.
19 : Nagib Miqati forme un cabinet restreint.
26 : Fin officielle de la présence syrienne au Liban.

Mai
4 : la justice annule les poursuites concernant trois chefs d'accusation contre le général Michel Aoun, ancien Premier ministre chrétien anti-syrien, exilé en France pendant quinze ans. Il rentre au Liban le 7 mai.
6 : Attentat à Jounieh
7 : Retour du général Aoun après 15 ans d'exil.
27 : le général Aoun annonce sa candidature aux élections législatives libanaises, après avoir écarté une entente électorale avec les autres chefs de l'opposition anti-syrienne. Il choisit en revanche de s’allier avec des hommes liges de Damas, tels le druze Talal Arslan ou le chrétien Michel Murr.
29 mai - 19 juin: élections législatives étalées sur quatre dimanches successifs; la coalition anti-syrienne menée par Saad Hariri, fils de Rafic Hariri, remporte 72 des 128 sièges.

Juin
2 : le journaliste Samir Kassir, est assassiné dans un attentat à la voiture piégée dans un quartier chrétien de Beyrouth.
21 : l'ancien chef du Parti communiste, Georges Hawi, un proche de l'opposition antisyrienne, est tué dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth.

1er septembre : le procureur général engage des poursuites judiciaires contre trois anciens officiers, ainsi que le chef de la garde présidentielle libanaise liés, selon l’enquête, à l’assassinat de Rafic Hariri.

20 octobre : publication du rapport de la commission Mehlis qui conclut à un crime politique, perpétré dans le cadre d’une organisation très complexe et met en cause l’autorité syrienne.

12 décembre : le journaliste et député chrétien Gebrane Tuéni est tué dans l’explosion d’une voiture piégée.

2006

Janvier
11 : Les Nations Unies nomment Serge Brammertz à la tête de la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri. Il succède ainsi à Detlev Mehlis.
26 : l’ONU envisage la création d’un « tribunal à caractère international » sur les attentats au Liban.

Février :

3 : Une séance du Conseil de ministres, est annulée en raison du refus d'une majorité de ministres de siéger avec le président libanais Emile Lahoud dont ils réclament le départ. Le magistrat belge Serge Brammertz effectue pour sa part sa première visite à Damas depuis sa nomination le mois dernier à la tête de la commission d'enquête de l'ONU sur l'assassinat de Rafic Hariri.
6 : suite aux émeutes anti-danoises à Beyrouth, soldées par l’incendie du consulat du Danemark après la publication de caricatures de Mahomet dans un journal danois, le ministre libanais de l’Intérieur Hassan Sabeh présente sa démission. Ce proche du chef de la majorité parlementaire, Saad Hariri, est remplacé par Hamad Fatfat, également du courant Hariri. Le Liban pointe la Syrie, où les ambassades danoise et norvégienne ont également été incendiées, dans la dérive des émeutiers.
24 : La majorité parlementaire au Liban lance une campagne visant à réunir un million de signatures à travers le pays pour réclamer le départ du président Emile Lahoud, considéré comme le dernier symbole de la tutelle syrienne.
Le mandat d'Emile Lahoud a été prorogé jusqu'en 2007, mais la majorité parlementaire réclame sa destitution avant le 14 mars.

Mars :

2 : Un dialogue national, le "dialogue interlibanais", premier du genre depuis la guerre au Liban (1975-1990), est lancé entre leaders chrétiens et musulmans, anti et prosyriens, pour tenter de sortir le pays de la crise politique.
La conférence, qui se tient à huis-clos, a pour objectif de trouver un terrain d'entente au sujet des différents problèmes ayant entraîné une paralysie de l'Etat depuis le retrait de l'armée syrienne du Liban en avril 2005, deux mois après l'attentat qui a coûté la vie à l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.
Au nombre des problèmes qui doivent être discutés, figurent le sort du chef de l'Etat Emile Lahoud, dont la démission est réclamée par la majorité parlementaire antisyrienne, et le désarmement des combattants du Hezbollah, stationnés à la frontière libano-israélienne.
13 : La police brésilienne arrête sur mandat d'Interpol une Libanaise âgée de 39 ans, soupçonnée de complicité dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Elle est notamment soupçonnée d'avoir financé les services de renseignements syriens, notamment leur chef Roustom Ghazalé, ainsi que les services libanais, tous deux montrés du doigt dans l'assassinat de Rafic Hariri.
14 : La conférence inter-libanaise se poursuit. Les dirigeants libanais parviennent à un accord "à l"unanimité" sur l'amélioration des relations entre le Liban et la Syrie.
Ils se mettent également d'accord sur "le refus de toute présence palestinienne armée en dehors des camps" de réfugiés, et sur le caractère "libanais" des Fermes de Chebaa, occupées par Israël à la frontière. Quant au départ d’Emile Lahoud, la majorité parlementaire anti-syrienne souhaite le remplacer, mais son souhait reste pour l'instant un voeu pieux.
Par ailleurs, le rapport de l’ONU est rendu public. Selon son auteur, Serge Brammertz, la Syrie a coopéré sur presque tous les points à la commission d'enquête sur le meurtre en février 2005 de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.
15 : Le Liban envoie une demande d'extradition de Rana Qoleilat, arrêtée à Sao Paulo et soupçonnée de complicité dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. Cette dernière est brièvement hospitalisée après une apparente tentative de suicide dans sa cellule.
18 : Le président libanais prosyrien Emile Lahoud souligne nouvelle fois sa détermination à rester en fonction en dépit des appels de la majorité parlementaire pour son départ
21 : Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, suggère l'établissement d'un tribunal "mixte", comprenant des magistrats libanais et internationaux, et siégeant hors du Liban, pour juger les futurs inculpés de l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.
28 : Le président libanais Emile Lahoud et son Premier ministre Fouad Siniora se disputent sur un projet de résolution arabe d'appui illimité à l'action armée du Hezbollah, lors d'une séance à huis clos du sommet arabe de Khartoum. Fouad Siniora veut que l'appui illimité au Hezbollah, figurant sous le chapitre de "Solidarité avec le Liban", soit purement et simplement supprimé. Emile Lahoud, s'est élevé contre cette demande.
30 : Le ministre israélien de la Défense Shaoul Mofaz affirme que le tir de roquette Katioucha tiré le 28 mars sur Israël depuis la bande de Gaza, le premier du genre, "appelle une riposte dure et décisive de la part d'Israël".
Par ailleurs, la majorité des ministres se retire brusquement de la séance hebdomadaire du gouvernement libanais après une vive altercation avec le président Emile Lahoud, proche de Damas, pour marquer leur solidarité avec leur Premier ministre désavoué au sommet arabe de Khartoum sur la question du Hezbollah.

Avril :

3 : La conférence de dialogue national reprend après une interruption de sept jours.
13 : Chypre examine actuellement une proposition pour accueillir le tribunal international sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.
15 : Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, accuse les Etats-Unis d'avoir un projet de guerre civile au Liban, dans un discours à l'occasion de la commémoration du 31e anniversaire de la guerre du Liban (1975-1990).
20 : Le chef de la diplomatie syrienne Walid al-Mouallem affirme le refus de son pays de tracer la frontière avec le Liban au niveau du secteur controversé des Fermes de Chebaa "car elles sont occupées" par Israël.
Le ministre libanais de la Justice, Charles Rizk, souhaite par ailleurs la nomination avant mi-juin d'un procureur général international dans le dossier de l'assassinat du dirigeant libanais Rafic Hariri.
21 : Le Premier ministre libanais Fouad Siniora appelle une nouvelle fois la Syrie, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, à établir des relations diplomatiques bilatérales formelles avec son pays et à délimiter leurs frontières communes.
28 : La conférence de dialogue interlibanais reporte le débat sur le sort du président libanais prosyrien Emile Lahoud au 16 mai.

Mai :

11 : La France et les Etats-Unis font circuler au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution demandant à la Syrie "d'établir des relations diplomatiques avec le Liban" et "de délimiter sa frontière avec lui".
15 : Les bureaux de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) à Beyrouth, fermés depuis l'invasion israélienne du Liban en 1982, sont rouverts.
16 : Les leaders politiques libanais, réunis à l’occasion de la conférence de dialogue interlibanais, se séparent sans parvenir à un accord sur le sort du président prosyrien Emile Lahoud et doivent se revoir le 8 juin.
17 : des accrochages opposent pendant deux heures des soldats libanais à des activistes palestiniens prosyriens, dans l'est du Liban, faisant deux blessés selon l’armée, 1 selon les activistes.
18 : Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, estime que la résolution 1680 du Conseil de sécurité de l'ONU qui appelle la Syrie à établir des relations diplomatiques formelles avec le Liban et à délimiter leur frontière constitue une "violation du droit international".
22 : Le mandat d'amener délivré par la justice syrienne à l'encontre du dirigeant de la majorité parlementaire et chef druze libanais Walid Joumblatt, favorable à un changement de régime en Syrie, illustre la dégradation du climat entre Beyrouth et Damas. Fer de lance des antisyriens, Walid Joumblatt accuse la Syrie, ancienne force de tutelle au Liban, de l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri et des attentats ayant visé des personnalités antisyriennes en 2005 au Liban.
26 : Le groupe radical palestinien Jihad islamique accuse Israël d'être responsable d'un attentat à la bombe au Liban dans lequel le responsable politique du mouvement dans ce pays a été tué et a promis de se venger.
28 : Des roquettes sont sur Israël à partir du Liban et l'armée israélienne riposte en lançant une série de raids aériens contre des objectifs au pays du Cèdre, tuant deux personnes, dans la pire flambée de violence cette année à la frontière entre les deux pays.
29 : L'aviation israélienne viole l'espace aérien libanais, de l'extrême nord à l'extrême sud du pays.
30 : Le parlement libanais rejette le mandat d'amener lancé par la justice syrienne via Interpol à l'encontre du député et chef druze libanais Walid Joumblatt, estimant qu'il porte "atteinte à la dignité de la Chambre et du peuple libanais".

2 juin : Le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, donne l'ordre d'enlever des banderoles s'en prenant au régime syrien dans les rues de Beyrouth.
Les Libanais rendent par ailleurs hommage au journaliste libano-français Samir Kassir, assassiné dans un attentat à la voiture piégée il y a un an, avec notamment la remise d'un prix pour la liberté de la presse qui porte son nom.