Le Liban, des années 1970 à l'assassinat d'Hariri en 2005

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En plusieurs piqués, des chasseurs-bombardiers israéliens ont tiré au total une quinzaine de missiles air-sol sur cette base, selon la police libanaise.
En plusieurs piqués, des chasseurs-bombardiers israéliens ont tiré au total une quinzaine de missiles air-sol sur cette base, selon la police libanaise. — Taher Abou Hamdan AFP/Archives

1970-71: chassés de Jordanie, les combattants palestiniens de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) installent leurs bases au Sud-Liban.

1972-73: opérations militaires et représailles entre Israéliens et Palestiniens sur le territoire libanais enveniment les relations entre ces derniers et l'Etat libanais.

La guerre civile : 1975-1989

13 avril 1975: 27 passagers d'un autobus, pour la plupart palestiniens, sont tués dans un secteur phalangiste. Des accrochages et des représailles s'ensuivent entre Palestiniens et Phalangistes (miliciens chrétiens). Cet évènement marque le début de la guerre du Liban qui durera 15 ans.

Avril 75-janvier 76: les combats opposent les milices chrétiennes conservatrices aux palestino-progressistes (Palestiniens et gauche libanaise). La Syrie soutient ces derniers, tout en proclamant sa neutralité.

Juin 1976: renversement d'alliance de la Syrie qui envoie des troupes au Liban à la demande du camp chrétien. Déroute des Palestino-progressistes.

Novembre 76: fin officielle de la guerre. Le bilan est de 30 000 tués et 600 000 réfugiés. Mise en place de la Force arabe de dissuasion (FAD), à majorité syrienne. L'armée libanaise a éclaté en factions rivales. Le territoire est sous l'autorité d'une multitude de milices et de clans.

Mars 1977: assassinat de Kamal Joumblatt, chef du parti socialiste progressiste (PSP, druze). Les représailles font plusieurs dizaines de victimes chrétiennes.

Mars 1978: à la suite d'un attentat palestinien à Tel Aviv, les troupes israéliennes envahissent le Sud-Liban ("opération Litani") pour créer une "zone de sécurité". L'ONU envoie une force d'interposition, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). L'armée israélienne se retire en juin, laissant à sa place les milices chrétiennes du commandant Haddad.

Avril 1979: le commandant Haddad proclame l'indépendance des zones chrétiennes du Sud-Liban et donne à sa milice le nom d'Armée du Liban Sud (ALS).

Juin 1981: affrontements entre Israéliens et Palestiniens au Sud-Liban. Les forces israéliennes bombardent Beyrouth.

Juin 1982: les Israéliens envahissent à nouveau le Liban et assiègent Beyrouth (opération "Paix en galilée").

Août-septembre 1982: 15 000 fedayins (combattants palestiniens) évacuent Beyrouth, sous la protection d'un contingent militaire français.

14 septembre 1982: élu moins d'un mois auparavant, le président Béchir Gemayel est assassiné à Beyrouth. Son frère Amine lui succèdera le 21. Les Israéliens entrent à Beyrouth-Ouest.
17-18 septembre 1982: le massacre de civils par les milices chrétiennes dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, avec la complicité passive de "Tsahal", l'armée israélienne, fait 800 morts, selon une commission d'enquête israélienne.

Avril 1983: un attentat-suicide chiite fait 63 morts à l'ambassade des Etat-Unis à Beyrouth.

Mai 1983: signature d'un accord de paix entre Israël et le Liban.

Septembre 1983: la "guerre de la Montagne" oppose chrétiens et Druzes. Ceux-ci prennent le contrôle de la région du Chouf.

Octobre 1983: double attentat-suicide du Djihad islamique contre les contingents français (58 morts) et américain (241 morts) de la force multinationale.

Novembre 1983: un attentat-suicide contre le quartier général israélien à Tyr fait 62 victimes.
Novembre-décembre 1983: affrontements entre l'OLP et les Syriens, appuyés par des dissidents palestiniens à Tripoli. Yasser Arafat et 4 000 de ses partisans sont évacués sous protection française.

Février 1984: les milices chiites Amal prennent le contrôle de Beyrouth-Ouest. Les Druzes de Walid Joumblatt s'emparent des positions des Forces Libanaises dans la montagne au sud de Beyrouth. Les contingents militaires américains, britanniques et italiens de la Force multinationale quittent le Liban.

Mars 1984: premier d'une longue série d'enlèvements d'otages occidentaux. La France annonce le retrait de son contingent de la FINUL. Le Conseil des ministres libanais décide l'abrogation du traité de paix de mai 1983.

Mai 1984: formation d'un gouvernement d'union nationale dirigé par Rachid Karamé.

Janvier 1985: annonce du retrait des forces israéliennes du Liban.

Mars 1985: un attentat à la voiture piégée dans un quartier chiite de Beyrouth fait 75 morts.

Mai-juin 1985: première "guerre des camps". Affrontements entre la milice chiite Amal, soutenue par une partie de l'armée libanaise, et les Palestiniens de Sabra et Chatila font 700 morts dans les camps de réfugiés.

Juin 1985: fin du retrait de l'armée israélienne du Liban, à l'exception d'une "zone-tampon" au sud, laissée sous le contrôle de l'Armée du Liban Sud d'Antoine Lahad.

Octobre 1985: accord pour un arrêt des combats entre les trois principales milices libanaises: Amal (chiite), le PSP (druze) et les Forces libanaises (chrétiennes). Le président Gemayel fait échouer cet accord.

Janvier 1986: affrontements entre milices chrétiennes à Beyrouth.

Mai-juillet 1986: deuxième "guerre des camps" entre Amal et Palestiniens.

Octobre 1986-avril 1987: nouvelle "guerre des camps" entre Amal et Palestiniens.

Février 1987: violents affrontements entre milices druzes et chiites à Beyrouth-Ouest. Déploiement de 8 000 soldats syriens.

Juin 1987: le Premier ministre Rachid Karamé est tué dans un attentat. Il est remplacé par Salim Hoss.

Mai 1988: les combats dans la banlieue sud de Beyrouth entre milices Amal et Hezbollah font 600 morts en 2 semaines. Interposition de l'armée syrienne.

Août 1988: l'élection présidentielle est reprortée, le quorum n'étant pas atteint. Le président Gemayel n'est pas remplacé après la fin de son mandat en septembre. Il désigne le commandant des forces armées, le général Aoun, pour former un gouvernement provisoire. Les musulmans ne le reconnaissent pas.

Mars 1989: Michel Aoun lance une "guerre de libération" contre les 33 000 soldats syriens présents au Liban.

Octobre 1989: signature des Accords de Taef qui établissent un nouvel équilibre entre les communautés, prévoient la dissolution des milices et la formation d'un gouvernement d'union nationale. La Syrie maintient plus de 40 000 soldats au Liban.

Novembre 1989: René Moawad est élu président par les signataires des accords de Taef le 5, et assassiné le 22. Elias Hraoui, élu 2 jours plus tard, lui succède.

Janvier-mars 1990: la guerre pour le contrôle du "Pays chrétien" entre partisans du général Aoun et Forces Libanaises de Samir Geagea fait plusieurs milliers de morts. La guerre civile libanaise a fait plus de 140 000 morts en 15 ans.

L'après-guerre

1992: Rafic Hariri est nommé Premier ministre. Elections législatives partiellement boycottées par les chrétiens (taux de participation de 20%).

Avril 1996: à la suite de tirs de roquette du Hezbollah contre le nord d'Israël, le Premier ministre israélien, Shimon Pérès, lance en représailles l'opération "Raisins de la colère". 102 civils réfugiés dans un camp de l'ONU au Sud-Liban sont tués par des bombes israéliennes. Création d'un Comité de surveillance tripartite (libanais, syrien et israélien), sous la présidence alternée des Etats-Unis et de la France: Israël et le Hezbollah s'engagent à s'abstenir de viser des cibles civiles de part et d'autre de la frontière israélo-libanaise et de tirer à partir de zones habitées.

Octobre 1998: le parlement élit le commandant en chef de l'armée, Emile Lahoud, au poste de président de la République. Un mois plus tard, celui-ci évince Rafic Hariri du poste de Premier ministre et nomme Salim Hoss à sa place.

Mai 1999: trois jours après son élection au poste de Premier ministre israélien, Ehud Barak annonce son intention de retirer l'armée israélienne du Sud-Liban avant un an.

Juin 1999: décidés par Benyamin Netanyahou, encore en fonction jusqu'au 6 juillet, des raids israéliens en représailles à des opérations du Hezbollah font 8 morts et 60 blessés.

2000
Février :
Intensification des affrontements entre le Hezbollah et l'armée israélienne.
5 mars : le gouvernement israélien approuve la proposition du Premier ministre, Ehud Barak, de retrait unilatéral des troupes israéliennes du Sud-Liban, avant juillet 2000.
Mai : les désertions qui se multiplient dans les rangs de l'ALS entraînent le retrait précipité de l'armée israélienne du Sud-Liban. Le Hezbollah s'efforce de prendre le contrôle de la zone de sécurité.
27 août-3 septembre : le résultat des élections législatives constitue un camouflet pour le Premier ministre Salim Hoss. Ce scrutin marque le retour de son prédécesseur, le milliardaire Rafic Hariri.
7 octobre : le Hezbollah capture trois soldats israéliens dans le secteur disputé de Chebaa, aux confins du Liban, de la Syrie et d'Israël, puis un officier israélien une semaine plus tard.

2001
Juin :
retrait partiel des troupes syriennes de Beyrouth et de ses environs. En vertu de l'accord de Taëf (1989) qui a mis fin à la guerre civile, l'armée syrienne aurait du se retirer de Beyrouth et de ses banlieues vers la plaine de la Békaa en 1992. 23 victimes rescapées du massacre de Sabra et Chatila en 1982 déposent une plainte collective à Bruxelles contre Ariel Sharon pour crimes de guerre.
Août : vague d'arrestation de militants chrétiens anti-syriens, accusés de complot contre la sécurité du Liban.
Septembre : les mouvements chiites pro-syriens Amal et Hezbollah remportent la majorité des 115 municipalités lors des élections au Liban sud.
Novembre : les Etats-Unis rendent publique une liste de groupes terroristes incluant le Hezbollah et demande à Beyrouth de geler les avoirs du mouvement islamiste. Le gouvernement libanais, qui considère le Hezbollah comme une organisation de résistance et non un groupe terroriste, rejette la demande américaine.

24 janvier 2002 : l'ex-chef de guerre chrétien Elie Hobeika est tué dans un attentat à la voiture piégée près de Beyrouth. Il était considéré comme l'un des responsables des massacres de Sabra et Chatila.

2004

11 mai :
les Etats-Unis imposent des sanctions économiques contre Damas et réclament le retrait du corps expéditionnaire syrien.
28 août : le gouvernement libanais annonce un projet d'amendement de la Constitution pour prolonger le mandat du président Lahoud. Deux jours plus tôt, le président syrien Bachar al-Assad avait convoqué le Premier ministre Rafic Hariri, pour lui signifier la volonté de Damas.
2 septembre : à l'initiative de Paris et de Washington, le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies adopte la résolution 1559 (voir liens vers les résolutions de l’ONU) appelant au respect de la souveraineté du Liban et au retrait de toutes les troupes étrangères de son sol, visant ainsi implicitement la Syrie.
6 septembre : opposés à l'amendement de la constitution, quatre ministres démissionnent du gouvernement.
21 septembre : le député et chef druze Walid Joumblatt lance une pétition remettant en cause la prolongation du mandat du président Lahoud.
20-29 septembre : redéploiement de quelque 3 000 soldats syriens qui retournent en Syrie.
1er octobre : le député druze et ministre démissionnaire Marouan Hamadé, principal adjoint de Walid Joumblatt, est grièvement blessé dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth. Son chauffeur est tué.
20 octobre : démission de Rafic Hariri. Le député pro-syrien Omar Karamé forme le 26 un nouveau gouvernement appelant à la démission du gouvernement.
13 décembre : pour la première fois depuis 1975, toutes les tendances de l'opposition lancent un programme commun dénonçant la tutelle syrienne et appelant à la démission du gouvernement.

2005

Février
2 :
l'opposition libanaise durcit le ton envers la Syrie en exigeant le retrait total de ses troupes, et en s'alignant totalement sur la résolution 1559.