Les principaux leaders du Fatah

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Le Comité exécutif de l'OLP a approuvé mardi la tenue d'un référendum de sortie de crise proposé par le leader palestinien Mahmoud Abbas, qui en annoncera la date "avant la fin de la semaine", ont indiqué des responsables palestiniens.
Le Comité exécutif de l'OLP a approuvé mardi la tenue d'un référendum de sortie de crise proposé par le leader palestinien Mahmoud Abbas, qui en annoncera la date "avant la fin de la semaine", ont indiqué des responsables palestiniens. — Abbas Momani AFP
Marwan Barghouti

Imposé tête de liste par les militants du parti pour des dernières élections législatives, Marwan Barghouti illustre aujourd’hui la fracture au sein du Fatah. Figure emblématique de la jeune garde, il est peu apprécié par celle des pères fondateurs. Le militant dérange : champion de la lutte armée, il s’est fait aimer des Palestiniens en luttant contre la corruption, y compris au sein de son propre parti. « Au Fatah, les mêmes hommes occupent les mêmes postes depuis des années, et sont devenus immuables grâce à un système de corruption bien organisé », explique Saed Limer, directeur de l’association Pour la libération de Marwan Barghouti, emprisonné en Israël depuis le 15 avril 2002.
Né en 1959 à Kobar, près de Ramallah, il rejoint le Fatah à 15 ans, où il gravit les échelons. Partisan de l’usage de la force, il goûte aux geôles israéliennes une première fois, en 1978, où il passe quatre ans et demi à étudier. En sortant, en 1983, il reprend ses études, jusqu’à ce qu’il soit à nouveau placé en détention, pour six mois cette fois, en septembre 1985. Il est finalement décrété persona non grata en Israël et expulsé des territoires, en 1987. Il s’exile alors à Amman (Jordanie). Autorisé à revenir à Ramallah en 1994, il est élu membre du Conseil législatif palestinien (parlement) en 1996 où il se distingue par sa lutte contre la corruption. Déçu par l’effondrement des accords d’Oslo, il a cette formule lors de la seconde Intifada : « Nous avons essayé 7 années d’Intifada sans négociations, et ensuite 7 années de négociations sans Intifada ; il est peut-être temps d’essayer les deux simultanément. » Israël essayera de le tuer, lors d’un attentat en août 2001 qui a coûté la vie à son garde du corps.

Mahmoud Abbas

Après le revers des dernières élections législatives qui ont vu la percée du Hamas, le président de l’Autorité palestinienne ressort affaibli. Ce successeur de Yasser Arafat, aussi connu sous le nom d’Abou Mazen, voit sa côte de popularité, déjà érodée, fléchir un peu plus.
Négociateur réputé pour son pragmatisme et sa modération, les palestiniens lui reprochent néanmoins l’éffondrement des accords d’Oslo de 1993 sur l’autonomie palestinienne. Il traîne alors une image d’homme des américains et d’interlocuteur des israéliens.
Né en 1935 à Safed (nord Israël, alors Palestine), il prend le chemin de l’exil en 1948. Cofondateur dans les années 60 du Fatah, Mahmoud Abbas est rapidement convaincu que l’issue au conflit qui ronge le Proche-Orient passe par la négociation avec les israéliens. Il établit, dès 1974, des contacts avec des personnalités de la gauche israélienne. Principal architecte avec Shimon Pérès des accords d’Oslo, il est néanmoins écarté du prix Nobel, récompense attribuée à Yasser Arafat et Shimon Pérès en 1994.
Nommé Premier ministre en 2002 par Yasser Arafat sous la pression de Washington, il plonge presque dans l’oubli après sa démission en septembre 2003, à la suite de divergences avec le leader palestinien. Il revient sur le devant de la scène fin octobre 2004, avec l’hospitalisation de Yasser Arafat. A la mort du raïs, il est nommé chef de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP).
Elu triomphalement à la présidence de l’Autorité palestinienne le 9 janvier 2005, il fixe deux priorités : le rétablissement de la sécurité et la lutte contre la corruption qui gangrène le Fatah. En dépit de ses promesses répétées, il ne parvient pas à mettre fin au chaos qui règne dans les Territoires palestiniens, notamment dans la bande de Gaza, où des groupes armés sévissent en toute impunité. Avec l’arrivée du Hamas au pouvoir, Mahmoud Abbas, pacifiste convaincu, doit traiter directement avec ceux qui luttent par la terreur. Car la manière dont il composera avec le Hamas déterminera la marche de manoeuvre de l’Autorité pour tenter de calmer la violence des groupes armés.

Ahmed Qoreï

Sa riposte à l’arrivée du Hamas au pouvoir n’a pas tardée : dès l’annonce des résultats le lendemain, il a présenté sa démission de son poste de Premier ministre. A la tête du gouvernement depuis septembre 2003, il succède à Mahmoud Abbas, en conflit avec Yasser Arafat. Considéré comme une force tranquille, Ahmed Qoreï, alias Abou Alaa, gère la crise entre les deux hommes et recueille les éloges de ses pairs. Conciliateur, il est également l’homme des missions difficiles. C’est à lui que Yasser Arafat confie à maintes reprises la direction des délicates négociations avec les israéliens. Il assure le rôle de coordinateur des délégations palestiniennes aux négociations de paix avec Israël, dès leur lancement en 1991, lors de la conférence de Madrid. Il rencontrera le Premier ministre de droite Benjamin Netanayhu à treize reprises avant la signature de l’accord de Wye Plantation, signé à Washington en octobre 1998.
Elu membre du Conseil législatif palestinien (parlement), pour le siège de Jérusalem, lors des premières élections en territoires autonomes en 1996, il prend la tête du Conseil la même année. Un parcours politique sans accroc, commencé aux côtés d’Arafat. Né en 1937 à Abou Dis, faubourg de Jérusalem-est, il fait ses premières armes dans le secteur bancaire avant de rallier le Fatah lors de son lancement dans les années 60. Il n’a cessé d’être un interlocuteur privilégié pour les israéliens et les américains. Il a notamment été l’un des seuls hauts responsables à s’entretenir avec Ariel Sharon à Jérusalem, après son arrivée au pouvoir en mars 2001. Il a également été reçu par le secrétaire d’Etat américain colin Powell, à Washington en février 2002, à une époque où les contacts entre Etats-Unis et Autorité palestinienne étaient rares.

Farouk Kaddoumi

Propulsé à la tête du Fatah le 11 novembre 2005, il est l’un des derniers pères fondateurs du parti. Ancien compagnon de lutte du raïs décédé, il a été l'un des seuls dirigeants palestiniens à avoir pu se rendre à son chevet, en France. Néanmoins, le chemin des deux hommes se sépare lorsque Kaddoumi fausse compagnie à Arafat lors de son retour dans les territoires, en 1994. Le numéro 2 du Fatah et membre du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), s'était farouchement opposé aux accords d'Oslo de 1993, sur l’autonomie palestinienne, et avait voté contre les textes de reconnaissance mutuelle entre l'OLP et l'Etat hébreu.
Kaddoumi, aussi connu sous le nom de guerre Abou Lotf, a pris les rennes de la diplomatie palestinienne en 1974, portant à l'étranger la voix de la cause palestinienne pendant près de 20 ans. Né le 18 août 1931 à Kaffer-Kaddoum (Cisjordanie), il, appartient à une famille aisée de propriétaires terriens. Il quitte sa terre natale en 1948 pour une "traversée du désert" dans plusieurs pays arabes de la région. Son premier acte politique est d'adhérer, dès 1949, au parti Baas, qu'il quittera en 1958 après sa dissolution lors de l'union syro-égyptienne.
Il gardera tout au long de sa carrière des liens privilégiés avec Damas.
Réfugié avec Yasser Arafat en Tunisie qui accueillit le siège de l'OLP de 1982 à 1994, Farouk Kaddoumi, n’accompagne pas le raïs lors de son retour en territoire palestinien en 1994 et reste basé à Tunis. La distance avec les centres de décisions qui se mettent en place lui vaut de ne plus peser sur les questions internes. Il est éclipsé par Nabil Chaath, -ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne- dans les instances régionales et internationales. Son appel pour la tenue d'une réunion de l'exécutif palestinien en dehors des territoires pour préparer l'après-Arafat est resté sans écho. Aujourd’hui à la tête du Fatah, il poursuit son exil à Tunis d’où il dirige également les affaires étrangères de l’OLP.