Histoire du Fatah

20minutes.fr

— 

La popularité du départ

Créé en 1957 par des Palestiniens* exilés au Koweït, le Mouvement de Libération de la Palestine sort de la clandestinité en 1959. Au début des années 60, le Fatah cherche principalement à obtenir une reconnaissance internationale et le soutien des pays arabes. Intégré dans des mouvements de libération, le Fatah s’arme et élabore une stratégie insurrectionnelle, phase préparatoire pour une offensive conventionnelle contre Israël.
Le Fatah commence ses actions armées contre l’Etat hébreu le 1er janvier 1965, qui devient la date officielle du début de la révolution palestinienne. Après la Guerre des Six-Jours, en 1967, l’occupation israélienne et les nombreux réfugiés dans les pays voisins favorisent la montée du Fatah. Le mouvement adhère à l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) en 1968 et devient son bras armé, puis son organisation la plus importante.
La Guerre des Six-Jours finie, Arafat et al-Wazir préconisent l’intensification de la lutte à partir des territoires occupés. Arafat, nommé commandant en chef, établit un quartier général secret à Naplouse. Le Fatah cherche à s’imposer au sein de l’OLP. En 1968, après une éclatante victoire militaire de la Jordanie sur Israël, les recrues affluent. A la mi-avril, Arafat est nommé porte-parole du Fatah qui pèse de plus en plus sur la vie politique. En février 1969, le mouvement obtient 33 sièges sur 105 au Conseil national palestinien et conduit Arafat à la tête de l’OLP.

L’heure des dissensions

En septembre 1970, l’expulsion des réfugiés palestiniens de Jordanie donne lieu a de violents affrontements entre le Fatah et l’armée jordanienne (Septembre Noir). Les Palestiniens s’établissent alors au Liban. En 1971, après plusieurs représailles israéliennes, le Fatah passe au terrorisme international. Cette stratégie est infléchie en 1973 par Yasser Arafat, soucieux de s’imposer comme interlocuteur privilégié lors des processus de paix impulsés par les Etats-Unis et l’Europe. Première dissension au sein du Fatah qui conduit à la naissance du Fatah – CR (Conseil révolutionnaire), tendance dure du parti dirigée par Abou Nidal et soutenue par Bagdad, dont les actions terroristes visent Israël et les pays arabes modérés (Arabie Saoudite, Koweït, Egypte).
En 1983, une rébellion interne éclate au Fatah, menée par des radicaux opposés au processus politique d’Arafat. Une nouvelle branche dissidente, Fatah - CP (Commandement provisoire), dirigée par Abou Moussa, apparaît. Pro-syrienne, elle plante son quartier général à Damas. Malgré l’évolution des mouvements palestiniens durs, en faveur du processus de paix, qui se rallient à Yasser Arafat, le Fatah – CP maintien sa ligne.
Cependant, Arafat sort finalement renforcé et son mouvement consolide sa domination sur l’OLP. En 1993, les négociations secrètes entre Israël et l’OLP aboutissent à un accord de reconnaissance mutuelle, ainsi qu’à une déclaration ouvrant la voie à la future Autorité palestinienne. En 1996, au terme de la mise en place de l’Autorité palestinienne, les éléments du Fatah se fondent dans cette nouvelle administration. Le chef historique du Fatah est élu à la tête de l’Autorité, et son parti détient une très large majorité au Conseil législatif palestinien. D’ailleurs, la plupart des fonctionnaires de l’Autorité sont d’anciens membres du Fatah, et les forces de sécurité palestiniennes sont essentiellement formées des anciennes brigades de combattant du Fatah de ce mouvement.

Un parti gangrené par la corruption

Toutefois, le mouvement Fatah, dont la réputation était entachée par des scandales de corruption, a fini par perdre toute sa crédibilité avec l’échec de Camp David (Voir la chronologie processus de paix : les grandes dates) et la seconde Intifada de l’année 2000.
Les récentes élections législatives palestiniennes ont révélé un parti affaibli par son incapacité à assurer la paix et la sécurité au palestiniens, englué dans une corruption généralisée et tiraillé entre ancienne et nouvelle garde. Avec la victoire du Hamas le 26 janvier 2005, le Fatah, positionné depuis la fin des années 80 comme l’interlocuteur de l’Autorité palestinienne pour les négociations de paix avec Israël, doit revoir son statut et définir son rôle pour les années à venir.

* Les membres fondateurs du Fatah sont : Yasser Arafat (Abou Ammar), Salah Khalaf (Abou Iyad), Khalil al-Wazir (Abou Djihad), Mohammed Youssef an-Najjar (Abou Youssef), Mahmoud Abbas (Abou Mazen), Kamal Adwan (Abou Hisham) et Khaled al-Hassan (Abou Saïd) qui rejoint le groupe en 1959.

Voir aussi l’article : Les principaux leaders du Fatah