Les acteurs de la politique palestinienne

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Ahmed Saadat incarcéré dans la prison de Jéricho, s'est rendu à l'armée israélienne à l'issue de l'assaut de l'édifice.
Ahmed Saadat incarcéré dans la prison de Jéricho, s'est rendu à l'armée israélienne à l'issue de l'assaut de l'édifice. — Awad Awad AFP/Archives
Présentation des autres entités politiques palestiniennes concurrentes du Fatah et du Hamas

L’OLP (mouvement)


L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) est un mouvement nationaliste palestinien créé en 1964 par Ahmed Shukeiry, sous les auspices de l’Egypte. Sa charte d’origine prône l’élimination de l’Etat d’Israël en tant qu’Etat souverain, la création d’un Etat palestinien et le retour des millions de réfugiés expulsés en 1948-1950. Cette disposition de la Charte restera la principale pierre d’achoppement pour des négociations entre Israël et l’OLP, même si l’OLP finit par reconnaître l’Etat hébreu.
Après la guerre des six jours, Nasser perd son contrôle sur l’organisation. Le Fatah est alors la principale faction palestinienne et s’impose au sein de l’OLP. En 1969, Yasser Arafat, chef du Fatah, prend donc la direction du Comité exécutif de l’OLP, position qu’il a conservée jusqu’à sa mort.

LE FPLP (parti)

Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) est un mouvement marxiste léniniste créé en décembre 1967 et dirigé jusqu’en juillet 2000 par le docteur Georges Habache. Ses effectifs sont évalués à 800-1000 activistes. Le FPLP est soutenu par la Syrie et la Lybie et est basé à Damas.
Le mouvement, dont le slogan est « unité, libération, vengeance » a connu un certain succès auprès de la jeunesse arabe. Mais à l’international, le FPLP a acquis une triste réputation dans de nombreux détournements d’avions, menés pour faire connaître la cause palestinienne à l’étranger après la guerre de 1967.
En septembre 1974, Le FPLP se retire du Comité exécutif de l’OLP (qu’il ne réintégrera qu’en 1987) et forme un « Front de refus », qui rejette toute négociation avec Israël, ainsi que son droit à l’existence. Affichant publiquement ses divergences avec Yasser Arafat, le FPLP a généré une grande quantité de groupuscules radicaux dissidents souvent meurtriers. Il se prononce contre l’accord israélo-palestinien de 1993 (Accords d’Oslo) et de Wye Plantation. Un retournement s’opère en juillet 1999, date à laquelle le FPLP se déclare ouvert à des négociations en vue de rejoindre le mouvement de Yasser Arafat et le processus de paix. Mais durant la deuxième Intifada, le FPLP mène à nouveau des attaques contre Israël et les colonies. En réaction, les forces israéliennes éliminent le secrétaire général du parti, Abou Ali Moustafa. A son tour, le bas armé du FPLP, rebaptisé « Brigades du martyr Abou Ali Moustafa », tue le ministre israélien du Tourisme en octobre 2001. Face aux pressions internationales, l’Autorité palestinienne fait arrêter en janvier 2002 le nouveau secrétaire général du FPLP, Ahmed Saadat. Celui-là même qui conduisait la liste du parti aux législatives du 25 janvier 2006.

Djihad islamique palestinien

Le Djihad islamique palestinien (DIP) est un mouvement radical palestinien issu des Frères musulmans. Il a été créé à Gaza en 1982 par le cheikh Asaad Bayoud al-Tamimi, emprisonné à vie en Israël, mais devient opérationnel sous la conduite de Fathi Abd al-Aziz al-Shiqaqi et cheikh Abd el-Aziz Audah. Le DIP, membre de l’OLP et proche du Hamas et du Hezbollah, se présente comme un ensemble de groupuscules plus ou mon liés entre eux et divisé en un courant pro-iranien et pro-irakien. Depuis la mort de Fathi Shiqaqi, le DIP est dirigé par le docteur Ramadan Abdallah Shalah, secrétaire-général du mouvement, basé à Damas. Ses effectifs sont évalués à 300-400 combattants.
Son objectif est la « libération » de la Palestine historique, la création d’un Etat islamique palestinien, avec Jérusalem pour capitale, et la destruction d’Israël. Toutefois, ses objectifs actuels sont plus limités. En 2002, Shalah affirmait : « Avec l’actuelle Intifada, toutes les factions palestiniennes y compris le Djihad islamique s’accordent à dire que l’objectif de la résistance palestinienne aujourd’hui est de refouler inconditionnellement l’occupation israélienne de Cisjordanie et de Gaza. »

Les brigades des martyrs d’Al-Aqsa (groupe terroriste)

Selon son porte-parole, Oussama al-Najjar, les Brigades auraient été conçues durant les premiers mois de l’Intifada Al-Aqsa en octobre 2000, mais leur naissance a été officiellement annoncée au 1er janvier 2001, à l’occasion de la parade commémorant la naissance du Fatah. Les Brigades sont un assemblage de groupuscules, composés essentiellement de militants du Fatah et issus du camp de réfugiés de Balatah, près de Naplouse. Leurs attentats sont dirigés contre des cibles militaires et civiles et comprennent des tirs aveugles contre des civils israéliens, comme à Afula, en novembre 2001 ou à Hadera en janvier 2002.
Les liens entre les Brigades et le Fatah sont peu clairs. D’un côté, les cadres et militants des Brigades portent les emblèmes du Fatah et auraient effectué des demandes de financement et de soutien militaires à des personnalités du parti en 2001. D’un autre côté, le Fatah nie être à l’origine de la constitution des Brigades et avoir un lien formel avec elles. Il réfute également leur caractère de « bras armé du Fatah », mais sans réellement se distancer officiellement de leurs actions. En fait, il est vraisemblable que les membres des Brigades ont déclenché leur mouvement de manière autonome et sans l’aval du Fatah. Il apparaît, en effet, qu’en dépit de l’Autorité palestinienne, les brigades ne reçoivent aucune instruction de la part du Fatah, qui, de son côté, sans cautionner directement le mouvement, en bénéficie indirectement dans sa compétition avec le Hamas, qui draine un grand nombre de combattants, avides de « petits succès » contre les Israéliens.
On attribue pourtant à Marwan Barghouti, secrétaire général du Fatah en Cisjordanie, condamné à la prison à vie, la fonction secrète de chef des Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa en Cisjordanie jusqu’à son arrestation en avril 2002.

Hezbollah

Le Hezbollah est un mouvement chiite fondamentaliste radical, créé en 1983 au Liban, avec pour objectif la création d’un Etat islamique sur le modèle iranien et l’élimination de toute présence non-islamique au Moyen-Orient. Ses effectifs au Liban sont évalués à 40 000 hommes. Le Hezbollah, qui entretient des relations étroites avec l’OLP, intervient également en Israël. Il dispose de forces spéciales capables d’actions d’infiltration sur le territoire israélien. Equipées et armées comme les formations militaires israéliennes, elles peuvent passer relativement inaperçues en zone frontière et mener des actions de commandos, voire des actions « suicide ». La présence du Hezbollah s’est accentuée en Cisjordanie, zone d’action du Fatah de Yasser Arafat. Le mouvement est capable de mener de réelles opérations militaires contre Tsahal. Depuis 1988, il mène certaines opérations conjointement avec le Djihad islamique palestinien et le Hamas.