D'où vient le Hamas?

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Ismaïl Haniyeh a déjà échappé à une tentative d'assassinat en septembre 2003 alors qu'il était en compagnie de cheikh Yassine. Un avion de combat israélien avait largué une bombe sur une maison de Gaza où les deux hommes se trouvaient. Il a également été emprisonné plusieurs fois par Israël durant la première Intifada qui a éclaté en 1987. Il a été détenu durant 18 jours en 1987, six mois en 1988 et trois ans à partir de l'année suivante.
Ismaïl Haniyeh a déjà échappé à une tentative d'assassinat en septembre 2003 alors qu'il était en compagnie de cheikh Yassine. Un avion de combat israélien avait largué une bombe sur une maison de Gaza où les deux hommes se trouvaient. Il a également été emprisonné plusieurs fois par Israël durant la première Intifada qui a éclaté en 1987. Il a été détenu durant 18 jours en 1987, six mois en 1988 et trois ans à partir de l'année suivante. — Mahmud Hams AFP/Archives

Le mouvement de la résistance islamique (dont le nom signifie « enthousiasme ») a été fondé le 14 décembre 1987, au début de la première Intifada, par le cheikh Ahmed Yassine. Principal rival de l’OLP dans les territoires occupés par Israël, le Hamas a bénéficié des échecs de Yasser Arafat sur le plan international, particulièrement après la guerre du Golfe. Il s’oppose à toute négociation avec Israël et est responsable de nombreux attentats en Israël.

Le Hamas est issu de l’Al-Moujamma al-Islami, un mouvement créé en 1967 et enregistré légalement en Israël en 1978 par le cheikh Ahmed Yassine. L’Al-Moujamma, qui se réclamait de la doctrine des Frères musulmans avant de s’en écarter, est discrètement subventionné par Israël, qui veut créer un mouvement concurrent de l’OLP et encourager les luttes au sein du mouvement palestinien. Les relations entre le Hamas et l’Etat hébreu se détériorent quand le groupe armé enlève et assassine deux soldats israéliens, en 1989.
Les objectifs du Hamas sont fixés dans une charte datée du 18 août 1988, qui préconise la libération de la Palestine et la création d’un Etat islamique, le refus de toute présence occidentale dans les pays musulmans, l’opposition à la sécularisation et l’occidentalisation de la société arabe et la revendication de la représentation unique du peuple palestinien.


Le massacre d’Al-Aqsa du 8 octobre 1990 permet au Hamas de durcir sa position à l’égard d’Israël. Il déclare alors que chaque soldat israélien est une cible potentielle. Dès 1994, et après le massacre d’Hébron (en février), les missions-suicide et les bombes rendent les opérations du Hamas très meurtrières. Les bombes étaient conçues par Yahya Ayyash (« l’ingénieur »), qui sera éliminé par le Mossad le 5 janvier 1996 au moyen d’un téléphone cellulaire piégé.
Au début des années 1990, l’importance croissante du Hamas dans les territoires occupés a eu pour corollaire un affaiblissement de l’influence de l’OLP. C’est sans doute ce phénomène qui a poussé Yasser Arafat à obtenir des succès sur la scène internationale et à accepter une négociation, puis un accord avec Israël, contre lequel le Hamas continue à s’opposer.
La situation change progressivement depuis la signature des accords d’Oslo en 1993-1994. L’influence du Hamas recule, tandis que l’Autorité palestinienne, sous pression internationale, doit démontrer qu’elle peut constituer l’embryon d’un Etat. Les violents affrontements entre l’Autorité palestinienne et le Hamas en 1994 à Gaza conduisent à un recentrage des activités du Hamas en Cisjordanie.
En fait, on observe des divergences sensibles entre la conduite politique de la diaspora du Hamas (basée à l’étranger), prête à un compromis, et les factions militaires palestiniennes, opposées à tout accord avec Israël. En juillet 1999, cependant, Moussa Abou Marzuq, ancien chef du bureau politique du Hamas en Jordanie, déclare que le mouvement est ouvert à des négociations avec les autres « forces du peuples palestinien ».
Le 29 juin 2003, en application de la « feuille de route », le Hamas et son aile militaire l’Azzedine al-Kassam acceptent un cessez-le-feu de trois mois (hudna) avec Israël. Mais les attentats continuent. L’élimination par les forces israéliennes d’Ismaïl Abou Shanab, considéré comme un modéré du Hamas, déclenche une réprobation générale et une mobilisation sans précédent de la population palestinienne. En mars 2004, c’est le fondateur et chef spirituel du Hamas, Cheikh Ahmed Yassine, tétraplégique, qui est tué par un tir de missile israélien. Son successeur, Abdel Aziz Rantissi, est assassiné dans une autre frappe aérienne quatre semaines plus tard. En décembre, le Hamas décide d’entrer en politique, présentant des candidats aux élections municipales et s’imposant dans les grandes villes. En février 2005, le Hamas décrète la trêve, et s’abstient de tout attentat-suicide, même si des tirs de roquettes ont marqué le prélude au retrait israélien de la Bande de Gaza à l’été. Le Hamas affirme que ce retrait est une victoire de sa lutte armée. En mars, le mouvement annonce qu'il participera aux législatives du 25 janvier 2006, qu’il remporte haut la main.