Bahreïn: Le régime choisit la force pour réprimer les manifestations

SOULEVEMENT L'intervention de la nuit dernière a fait trois morts...

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Des manifestants anti-gouvernementaux ont monté des tentes au carrefour de Pearl, à Manam, la capitale du Bahreïn, le 15 février 2011.
Des manifestants anti-gouvernementaux ont monté des tentes au carrefour de Pearl, à Manam, la capitale du Bahreïn, le 15 février 2011. — REUTERS/Hamad I Mohammed

La police de Bahreïn a démantelé par la force dans la nuit de mercredi à jeudi un campement de manifestants réclamant des changements politiques dans le royaume, au cours d'une intervention qui a fait trois morts, selon des témoins et l'opposition. Deux personnes ont déjà été tuées lundi et mardi dans des manifestations.

«Les hommes s'enfuyaient mais les femmes et les enfants ne pouvaient pas courir aussi vite», a déclaré Ibrahim Mattar, un député du Wefaq, le principal parti chiite d'opposition. «Deux personnes sont mortes, c'est confirmé», a-t-il ajouté. «D'autres sont dans un état grave.»

Un autre député du Wefaq, Sayed Hadi, a déclaré à Reuters qu'un troisième manifestant avait été tué, ce qui porte à cinq au total le nombre de tués cette semaine. «C'est du terrorisme pur et simple», a estimé le chef du Wefaq, Abdoul Djalil Khalil, également député. «Quiconque a pris la décision d'attaquer les manifestants avait pour but de tuer.»

Imiter l'Egypte

Sur Twitter, le ministère de l'Intérieur a indiqué que les forces de sécurité avaient «vidé la place de la Perle» à Manama et qu'une grande avenue de la capitale était partiellement fermée. Une cinquantaine de véhicules blindés ont été aperçus roulant en direction de la place de la Perle. Plus d'une dizaine de chars, des véhicules militaires et des ambulances de l'armée ont été vus dans le centre de Manama.

Des milliers de Bahreïnis, pour la plupart issus de la majorité chiite, manifestent depuis lundi pour réclamer des réformes politiques et sociales dans le royaume dirigé par une famille sunnite.

Plusieurs centaines d'entre eux avaient entrepris de camper sur la place de la Perle en espérant la transformer en point de ralliement de la contestation à l'image de ce que les Egyptiens ont fait sur la place Tahrir du Caire jusqu'à la chute d'Hosni Moubarak.

La principale revendication des manifestants est la démission du Premier ministre, le cheikh Khalifa ben Salman al Khalifa, qui gouverne le pays depuis son indépendance en 1971.