Armes de destruction massive en Irak: Les accusations dues à un transfuge

Reuters

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Les fausses accusations selon lesquelles Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive ont été montées de toutes pièces par un transfuge irakien qui souhaitait ainsi renverser l'ancien dictateur, rapporte ce mercredi The Guardian. Rafid Ahmed Alouane al Djanabi déclare dans une interview au journal britannique qu'il a transmis durant l'année 2000 aux services de renseignement allemands de faux éléments sur des équipements mobiles et des sites clandestins d'armement biologique.

Ces éléments ont servi de base au discours prononcé en 2003 par Colin Powell, alors secrétaire d'Etat américain, devant le Conseil de sécurité des Nations unies. L'ancien président américain George W. Bush et son administration ont justifié l'intervention militaire américaine en Irak en 2003 par la menace que constituaient à leurs yeux les armes biologiques de Saddam Hussein. Aucune arme de ce type n'a par la suite été trouvée en Irak et le chaos provoqué par l'invasion américaine a entraîné la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils.

«J'avais un problème avec le régime de Saddam»

«Peut-être ai-je eu raison, peut-être ai-je eu tort», déclare Djanabi, dont le nom de code était «Curveball» au sein des services secrets américains et allemands. «J'avais un problème avec le régime de Saddam», a-t-il dit au Guardian. «Je voulais me débarrasser de lui et là, j'en avais l'opportunité.»

D'après le journal britannique, Djanabi a évoqué au cours de l'année 2000 auprès d'un responsable allemand l'existence de camions transportant des armes bactériologiques. Les services secrets allemands (BND), qui avaient identifié Djanabi comme étant un ingénieur chimiste installé à Bagdad, l'ont approché en mars de cette année puis de nouveau en 2002 pour tenter d'obtenir des informations sur l'Irak.

«Ils m'ont fourni cette opportunité. J'avais l'occasion de fabriquer un instrument permettant de renverser le régime», dit Djanabi. «Croyez-moi, il n'y avait pas d'autre moyen pour amener la liberté en Irak. Il n'y avait pas d'autre possibilité.»