Plusieurs blessés dans des manifestations au Bahreïn

Avec Reuters

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La police a tiré ce lundi à Bahreïn des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser des manifestations dans des villages chiites entourant la capitale, Manama, limitant la portée d'un «jour de colère» inspiré par les soulèvements en Egypte et en Tunisie.

Des hélicoptères survolaient Manama où un appel à manifester n'a pas été suivi d'effet, tandis que les forces de sécurité renforçaient leur présence dans les régions chiites. Plus de 20 personnes ont été blessées dans des villages lors de heurts entre policiers et manifestants, ont rapporté des témoins.

Soucieuse de prévenir une propagation de la contestation, la famille régnante de Bahreïn, de confession sunnite alors que la population est majoritairement chiite, avait promis la semaine dernière de distribuer 1.000 dinars (2.000 euros environ) à chaque famille bahreïnie.

Test sur les capacités de rassemblement

Le gouvernement a par ailleurs laissé entendre qu'il pourrait libérer des mineurs d'âge arrêtés l'an dernier par les forces de sécurité.

Des diplomates ont estimé que l'ampleur du rassemblement à Manama, où les manifestations sont rares, constituerait un test de la capacité des organisateurs à faire descendre un grand nombre de chiites dans la rue. Mais en dépit des appels lancés via Twitter et Facebook, en début de soirée, aucun rassemblement n'était à signaler dans la capitale.

Abroger la Constitution bahreïnie

Les organisateurs du «jour de colère» ont précisé qu'ils réclamaient l'abrogation de la Constitution bahreïnie et son remplacement par une nouvelle loi fondamentale élaborée par une commission comportant à la fois des sunnites et des chiites.

Ils veulent l'élection directe du Premier ministre, la libération de «tous les prisonniers politiques» et une enquête sur des allégations de torture.