Des immigrés tunisiens affluent par milliers sur l'île italienne de Lampedusa

MONDE Et le ministre de l'Intérieur craint l'arrivée de migrants égyptiens...

E.O. avec Reuters
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Des migrants tunisens rassemblés dans un stade de foot sur l'île italienne de Lampedusa, le 13 février 2011.
Des migrants tunisens rassemblés dans un stade de foot sur l'île italienne de Lampedusa, le 13 février 2011. — ROBERTO SALOMONE /AFP

La situation est tellement critique que le gouvernement italien a décrété l’état d’urgence. Plusieurs milliers de réfugiés fuyant les tensions en Tunisie ont débarqué ces derniers jours sur la petite île italienne de Lampedusa. Plus de 1.000 immigrés sont ainsi arrivés dans la seule nuit de samedi à dimanche et les autorités locales ont lancé un appel à l'aide pour faire face à cet afflux.

Des migrants ont été conduits sur un terrain de football de Lampedusa, tandis que des centaines d'autres ont dormi à la belle étoile sur le port, enveloppés dans des couvertures de survie. Des hôtels locaux et des églises ont aussi accueilli des immigrants.

Au moins un mort

La situation inquiète le gouvernement de Silvio Berlusconi qui, à l'issue d'une réunion, samedi, a décrété l'état d'urgence humanitaire conférant aux autorités des pouvoirs spéciaux permettant de passer outre aux dispositions administratives habituelles, notamment en bloquant au large les bateaux s'approchant des côtes.

Dimanche, le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, a réitéré des appels à l'aide à l'Union européenne après le naufrage, samedi au large des côtes tunisiennes, d'une embarcation dont au moins un occupant a péri. «Nous devons mobiliser les pays du pourtour méditerranéen disposant de bateaux, d'avions, d'hélicoptères», a déclaré le ministre dans une interview au Corriere Della Sera.

«Une situation exceptionnelle»

A Tunis, le porte-parole du gouvernement a déclaré dimanche que le cabinet de transition allait débattre de mesures à adopter face à cet exode. «Nous devons discuter de cela au gouvernement, une fois que nous aurons été alertés par le gouvernement italien, ce qui n'a pas encore été directement le cas», a déclaré le porte-parole, Taïeb Baccouche, à Reuters.

«C'est un phénomène qui n'a jamais cessé depuis le départ (du président déchu Ben Ali), mais désormais, nous nous retrouvons dans une situation exceptionnelle», a-t-il ajouté à propos du flux de migrants vers Lampedusa.

Peur des «infiltrations de terroristes»

L'Italie a demandé une réunion d'urgence de l'Union européenne afin de mettre au point une réaction efficace. Elle souhaite que des vedettes patrouillent près des côtes tunisiennes afin d'intercepter les migrants. Le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, a imputé le nouvel exode à l'incapacité des autorités tunisiennes à appliquer l'accord bilatéral sur le contrôle de l'immigration clandestine après les troubles qui ont précédé le renversement du président Ali.

Les autorités redoutent aussi que la crise en Egypte, où des manifestations ont abouti vendredi à la démission du président Hosni Moubarak, provoque un autre afflux d'immigrants.

Maroni, membre de la Ligue du Nord, hostile à l'immigration, a dit redouter des «infiltrations de terroristes» parmi les migrants et l'arrivée en Europe de délinquants se faisant passer pour des demandeurs d'asile politique.

D’une superficie de 20 km2, l’île de Lampedusa est située à 200 km de la Sicile et à 160 km seulement des côtes tunisiennes. Environ 6.000 habitants l’occupent en temps normal.