Une manifestation anti-gouvernementale au Yemen tourne à l'affrontement

REVOLTE Plusieurs personnes ont été blessées par la police...

Avec Reuters

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Des heurts ont éclaté dimanche au Yémen entre les forces de l'ordre et des manifestants anti-gouvernementaux qui tentaient de marcher sur le palais présidentiel de Sanaa, ont rapporté des témoins.

«Le peuple yéménite veut la chute du régime», «La révolution yéménite après la révolution égyptienne», ont scandé les manifestants lors du rassemblement qui a réuni 1.000 personnes. Quelques dizaines d'entre eux se sont ensuite détachés pour marcher sur le palais présidentiel.

Quatre personnes ont été blessées dans la capitale où la police a frappé avec des bâtons les manifestants qui leur jetaient des pierres, selon des témoins.

Selon des responsables de l'opposition, dix manifestants ont été brièvement arrêtés à Sanaa et 120 ont été gardés à vue pendant la nuit dans la ville de Taiz où les autorités ont dispersé la veille une autre manifestation.

Dans le sud du pays, où le gouvernement doit faire face aux islamistes, un tribunal a condamné à mort six personnes reconnues coupables d'enlèvements et d'attaques à main armée contre la police, selon l'agence de presse Saba.

Le président du Yémen Ali Abdallah Saleh a décidé de reporter sa visite aux Etats-Unis prévue ce mois-ci, «en raison de la situation actuelle dans la région» selon un communiqué diffusé par l'agence de presse d'Etat Saba.

Saleh, au pouvoir depuis plus de trente ans et qui redoute les répliques de la vague de contestation sans précédent qui touche plusieurs pays du monde arabe, s'est engagé à quitter le pouvoir à la fin de son mandat en 2013 et a promis que son fils ne prendra pas la tête du gouvernement.

Peu avant les affrontements de dimanche à Sanaa, l'opposition avait accepté d'entamer des pourparlers avec le président yéménite.

«L'opposition ne rejette pas l'invitation du président et est prête à signer un accord dans moins d'une semaine», avait déclaré l'ancien ministre des Affaires étrangères, Mohammed Basindwa, désormais membre de l'opposition. Les pourparlers doivent se tenir sous l'égide de l'Occident ou du Golfe, a-t-il toutefois ajouté.

L'instabilité au Yémen pourrait constituer un risque au niveau politique et de la sécurité pour les Etats du Golfe. Les Etats-Unis s'appuient en outre sur le Yémen pour lutter contre Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).