Des Yéménites hostiles au gouvernement marchent sur le palais

Avec Reuters

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Manifestation près du palais présidentiel à Sanaa, au Yemen, le 13 février 2011. 
Manifestation près du palais présidentiel à Sanaa, au Yemen, le 13 février 2011.  — AFP PHOTO/MOHAMMED HUWAIS

Des heurts ont éclaté ce dimanche au Yémen entre les forces de l'ordre et des manifestants anti-gouvernementaux qui tentaient de marcher sur le palais présidentiel de Sanaa, ont rapporté des témoins.

Peu avant les affrontements, l'opposition a accepté d'entamer des pourparlers avec le président yéménite, Abdullah Saleh, qui tente de contenir la vague de révolutions dans la région.

Dix manifestants arrêtés à Sanaa

«Le peuple yéménite veut la chute du régime», «la révolution yéménite après la révolution égyptienne», ont scandé les manifestants lors du rassemblement qui a réuni 1.000 personnes. Quelque dizaines d'entre eux se sont ensuite détachés pour marcher sur le palais présidentiel.

Début février, des dizaines de milliers de personnes avaient participé «au jour de colère» organisé par l'opposition pour réclamer un changement de régime. Des affrontements ont récemment éclaté entre partisans et opposants du gouvernement.

Selon des responsables de l'opposition, dix manifestants ont été arrêtés à Sanaa, la capitale, et 120 ont été gardés à vue pendant la nuit dans la ville de Taiz où les autorités ont dispersé une manifestation samedi.

Saleh s'est engagé à quitter le pouvoir

Quatre personnes ont été blessés à Sanaa où la police a frappé avec des bâtons les manifestants qui leur jetaient des pierres, selon des témoins.

Saleh, au pouvoir depuis plus de trente ans et qui redoute les répliques de la vague de contestation sans précédent qui touche plusieurs pays du monde arabe, s'est engagé à quitter le pouvoir à la fin de son mandat en 2013 et a promis que son fils ne prendra pas la tête du gouvernement. Il a invité l'opposition à des discussions.

Un risque d'instabilité dans la région

«L'opposition ne rejette pas l'invitation du président et est prête à signer un accord dans moins d'une semaine», a déclaré l'ancien ministre des Affaires étrangères, Mohammed Basindwa, désormais membre de l'opposition. Les pourparlers doivent se tenir sous l'égide de l'Occident ou du Golfe, a-t-il toutefois ajouté.

L'instabilité au Yémen pourrait constituer un risque au niveau politique et de la sécurité pour les Etats du Golfe. Les Etats-Unis s'appuient en outre sur le Yémen pour lutter contre Al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa)