Cuba: Des détenus politiques libérés... contre leur volonté

Avec Reuters

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Deux détenus politiques ont été libéré samedi contre leur volonté à Cuba, où le régime communiste continue de remettre en liberté des opposants.

Hector Maseda et Angel Moya font partie des 52 détenus politiques que le président Raul Castro a accepté de libérer dans le cadre d'un accord obtenu en juillet dernier après une intervention de l'Eglise catholique cubaine.

Hector Maseda, dont l'épouse, Laura Pollan, dirige le groupe des «Dames en blanc», une association d'opposantes, a appris vendredi qu'il pourrait sortir de prison, après près de huit ans derrière les barreaux. Il a répondu alors qu'il ne quitterait pas sa cellule tant que le gouvernement insisterait pour qu'il s'agisse d'une liberté «conditionnelle».

52 détenus concernés par l'accord

Il a déclaré avoir été conduit hors de prison samedi, contre sa volonté, et se trouver désormais en liberté conditionnelle. «Aujourd'hui, demain et tout le temps, je dirai que j'ai été libéré contre ma volonté et que j'ai été forcé à sortir. Je ne suis pas d'accord avec la liberté conditionnelle», a-t-il dit à Reuters à son domicile, dans le centre de La Havane.

Agé de 68 ans, Hector Maseda dirige le Parti libéral, qui n'a aucun caractère légal. Il s'est engagé à reprendre ses activités d'opposant. Angel Moya, dont la femme Berta Soler est aussi une dirigeante des «Dames en blanc», refusait de quitter sa prison tant que ne seraient pas libérés l'intégralité des 52 détenus concernés par l'accord de juillet dernier.

Ce dissident âgé de 46 ans dit avoir été contraint de sortir samedi. Lorsqu'il est arrivé à son domicile près de La Havane, une centaine de partisans du gouvernement l'ont accueilli en scandant «Vive Fidel, vive la révolution». «Ces gens qui nous hurlent dessus aujourd'hui nous applaudiront demain», a-t-il réagi.

Après la libération d'Hector Maseda et d'Angel Moya, il ne reste plus que sept dissidents incarcérés parmi les 52 concernés par l'accord. Toutes ces personnalités ont été emprisonnées lors d'une vague de répression en 2003.