Cygnes de grippe aviaire en Italie et en Grèce

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La grippe aviaire a atteint pour la première fois deux pays de l'Union européenne. Le virus H5N1 – sous sa forme hautement pathogène – a été détecté ce week-end en Italie (en Sicile, en Calabre et dans les Pouilles) et en Grèce. Dans les deux cas, il s'agissait de cygnes migrateurs, et non de volailles élevées par l'homme. Donc pas de raison de « s'inquiéter ou de paniquer », comme l'a rappelé le gouvernement grec samedi.
« Nous ne sommes toujours pas face à une pandémie, explique Isabelle Nuttal, médecin à l'Organisation mondiale de la Santé, à Genève. Le virus reste localisé chez l'animal ; la contamination à l'homme est toujours aussi difficile. » Inutile également de boycotter le poulet ou les oeufs, qui sont sans danger, rappelle-t-elle. Pour endiguer toute propagation, l'Italie et la Grèce ont aussitôt activé les mesures de protection préparées de longue date par l'Union européenne : dans les zones où ont été découverts les cygnes morts, les volailles sont confinées et leur transport est interdit.
La situation est plus préoccupante en Afrique, au Nigeria, bien qu'aucun cas humain de grippe aviaire n'ait été confirmé depuis l'annonce officielle de la présence du H5N1, jeudi dernier. Deux enfants, suspectés d'être porteurs du virus, ont subi des tests sanguins, hier.
Parallèlement, une équipe d'experts de l'Organisation de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) est arrivée hier pour aider le gouvernement à circonscrire l'épizootie dans ce pays, le plus peuplé d'Afrique de l'Ouest. « Au Nigeria, il y a davantage de risques que les populations soient en contact avec des volailles malades », explique Isabelle Nuttal. Depuis jeudi, les autorités ont incinéré des dizaines de milliers de volailles mortes du virus. A l'échelle mondiale, la maladie a fait quelque 90 morts depuis 2003, essentiellement en Extrême-Orient et en Turquie, selon l'OMS.

Faustine Vincent

Le virus H5 a été détecté sur un cygne en Slovénie, près de la frontière autrichienne, sans que l'on sache encore s'il s'agit de la forme virulente H5N1.