Nouvelles révélations sur les parties fines de Silvio Berlusconi

Italie Une deuxième mineure est impliquée dans les soirées «bunga-bunga»...

M.P. avec Reuters
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T. GENTLE/ REUTERS

Le scandale sur les parties fines de Silvio Berlusconi connaît un énième rebondissement. Des magistrats italiens ont rendu publics jeudi de nouveaux documents sur ces soirées, impliquant parfois des mineures. Selon ces informations, une deuxième femme participant à ces soirées était mineure au moment des faits, en plus de la danseuse marocaine Ruby, au centre de l'enquête, qui avait 17 ans lors de certaines soirées.   

Lors d'une perquisition au domicile de cette jeune femme mineure faisant l'objet d'une enquête, les policiers ont mis la main sur une somme d'argent et des bijoux reçus, selon elle, en cadeau de Silvio Berlusconi. La police a retrouvé d'autre part un carnet dans laquelle la jeune femme, qui était mineure au moment de certaines des soirées, notait ses visites à la villa et le montant qu'on lui donnait.  Des bijoux et de l'argent ont également été retrouvés dans les appartements milanais de certaines jeunes femmes suspectées d’avoir participé à ces soirées, logées gratuitement.

7.000 euros pour une soirée?

Les 227 pages de nouveaux documents ont été envoyées par des magistrats milanais au parlement, mercredi soir, et des extraits ont été communiqués à des médias italiens, qui en font leurs choux gras jeudi. On y trouve également le compte-rendu du témoignage d’une autre jeune femme, Maria, qui a déclaré aux juges qu'en juin 2010, un collaborateur de Silvio Berlusconi l'a invitée à une soirée à la villa du président du Conseil, près de Milan.

«Après le dîner, le président du Conseil a déclaré 'maintenant, nous allons passer au bunga-bunga'»- terme que les participants utilisent pour décrire les parties fines. Maria dit avoir fait une danse du ventre, pendant qu'une autre jeune femme déambulait dans la pièce en soutien-gorge et petite culotte. Une Brésilienne en string a dansé «une version hard de la samba» sous les yeux des invités, a-t-elle expliqué. «Les autres filles ont elles aussi dansé, en exhibant leurs seins et leurs fesses, et elles sont passées près du président du Conseil, qui a caressé leurs parties intimes», déclare Maria aux magistrats, citée par les agences de presse et les journaux.

Les juges milanais affirment que Silvio Berlusconi a rémunéré des prostituées pour qu'elles participent à ses soirées. Parmi elles figure Ruby, qui dit avoir reçu 7.000 euros après avoir participé à une soirée, mais qui dément avoir eu des relations sexuelles avec «Il Cavaliere».

Révélations scabreuses

Ce dernier dément toute malversation et assure n'avoir jamais eu de relations sexuelles tarifées. Il se dit victime de magistrats gauchistes qui veulent l'anéantir politiquement. Interrogé au sujet des nouvelles fuites, le président du Conseil italien a simplement répondu mercredi soir: Je n'ai rien à dire. C'est (cette enquête) scandaleux».

Aux yeux de l'opposition de centre gauche, ces nouveaux documents rendent «intenable» la position du chef du gouvernement, qui doit selon elle démissionner, faute de quoi ses alliés conservateurs devront le presser de quitter le pouvoir pour le bien du pays.

A ce jour, les magistrats ont adressé plus de 600 pages de documents au parlement à l'appui de leur demande de perquisition du bureau du comptable de Berlusconi, qu'ils soupçonnent d'avoir été chargé de payer les prostituées et de leur faire des cadeaux. Et si «Il Cavaliere» a souvent tangué au gré des révélations scabreuses sur sa vie sexuelle, il a pour le moment réussi à se maintenir à son poste.