Les avocats de Charles Taylor invoquent les télégrammes de WikiLeaks

Reuters
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Les avocats de l'ancien président libérien Charles Taylor, en procès pour crimes de guerre, ont obtenu de pouvoir utiliser des télégrammes diplomatiques américains pour contester l'indépendance et l'impartialité du Tribunal spécial pour la Sierra Leone. Jugé par ce tribunal, Charles Taylor rejette l'ensemble des accusations lancées contre lui, au nombre desquelles meurtre, viol, esclavage sexuel et enrôlement d'enfants comme soldats pendant les guerres civiles au Liberia et en Sierra Leone, qui ont fait plus de 250.000 morts.

Le tribunal a accédé jeudi à la demande de la défense de rouvrir le dossier pour y inclure deux télégrammes diplomatiques américains diffusés par le site internet WikiLeaks. L'un de ces télégrammes contient des déclarations d'une ambassadrice des Etats-Unis avertissant que si Charles Taylor est acquitté ou condamné à une peine légère, son retour au Liberia risque de provoquer des remous, sur fond de paix fragile dans le pays.

«La communauté internationale doit envisager des mesures à prendre pour le cas où Taylor ne serait pas condamné à une longue peine de détention. Nous devrions envisager de juger Taylor aux Etats-Unis», écrivait dans une note en date du 10 mars 2009 l'ambassadrice des Etats-Unis au Liberia, Linda Thomas-Greenfield. Les avocats de la défense de Taylor ont estimé que de telles notes diplomatiques «éveillaient de gros doutes quant à l'indépendance et l'impartialité des parties plaignantes au procès de Charles Taylor devant le Tribunal spécial».