Côte d'Ivoire: Human Rights Watch dénonce une campagne de violences des forces de Laurent Gbagbo

MONDE Elles imposent «le règne de la terreur», selon un rapport...

Avec Reuters

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S.KAMBOU / AFP

Les forces armées ivoiriennes, fidèles à Laurent Gbagbo, se livrent à une campagne de violences et n'hésitent pas à exécuter, enlever, torturer et violer, affirme l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch dans un rapport rendu public mardi.

Une «enquête approfondie» sur les accusations de violations des droits de l'homme à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, a démontré l'existence d'«une campagne de violences la plupart du temps coordonnée», déclare l'ONG, dont le siège est à New York.

Appel à la communauté internationale

«Les forces de sécurité et les milices qui soutiennent Laurent Gbagbo imposent le règne de la terreur à leurs adversaires, réels ou perçus ainsi, à Abidjan», déclare Daniel Bekele, directeur de HRW pour l'Afrique.

«La communauté internationale doit faire tout son possible pour protéger les populations civiles et accroître les pressions sur Gbagbo et ses alliés afin de mettre un terme à cette campagne de violences organisée», ajoute-t-il.

Disparitions et découvertes macabres

Les enquêteurs de HRW ont recueilli les témoignages de plus de 100 personnes ayant assisté à des violences ou en ayant été victimes depuis la fin novembre dernier. «Des témoins ont dit avoir vu des membres de leur famille ou des voisins emmenés hors de chez eux, ou hors de mosquées, de restaurants, ou dans la rue, vers des véhicules en attente», lit-on dans le rapport. «Nombre d'entre eux ont 'disparu', parmi lesquels des victimes qui ont été retrouvées mortes par la suite», est-il encore écrit.

Les pires violences, écrit HRW, ont été commises dans les quartiers abidjanais d'Abobo, de Port-Bouet, Youpougon et Koumassi, qui passent pour des bastions d'Alassane Ouattara, dont l'élection à la présidence ivoirienne a été certifiée par la communauté internationale.