Discours sur l'état de l'Union: Barack Obama promet de «reconstruire l'Amérique»

ETATS-UNIS Le président américain passait son grand oral annuel, mardi soir...

Philippe Berry

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Barack Obama, lors du discours sur l'état de l'Union, le 25 janvier 2011.
Barack Obama, lors du discours sur l'état de l'Union, le 25 janvier 2011. — REUTERS

De notre correspondant à Los Angeles

Une atmosphère différente mais un discours classique. Devant des membres du Congrès portant un ruban sur le coeur en soutien à la représentante Gabby Giffords, blessée dans la tuerie de Tucson, Barack Obama a tenté de jouer les rassembleurs, mardi, pour le discours annuel sur l'état de l'Union. Il a brossé les contours d'un plan pour «reconstruire l'Amérique». Au propre comme au figuré.

Gel partiel des dépenses fédérales sur cinq ans

Reconstruire l'Amérique commence par ne pas léguer aux générations futures une montagne de dettes et de déficits. Le président a annoncé un gel partiel sur cinq ans des dépenses fédérales. Objectif: réduire le déficit budgétaire de 400 milliards de dollars en dix ans. «Les Américains se serrent la ceinture pour ne pas vivre au-dessus de leurs moyens, ils méritent un gouvernement qui fasse pareil.» Mais comme il l'a rappelé, ces dépenses ne représentent que 12% du déficit. Aussi, des réformes plus fondamentales seront nécessaires (retraites, dépenses de santé), mais il n'est pas rentré dans les détails.

Toujours sur le front économique, il a demandé au Congrès de baisser le taux de l'impôt sur les entreprises, sous les applaudissements des républicains et du nouveau speaker de la Chambre, John Boehner. Le président estime qu'en s'attaquant aux niches fiscales, il sera possible de réaliser l'impossible: diminuer les prélèvements imposés aux PME sans creuser les déficits.

Il a cependant prévenu, «les cadeaux fiscaux aux plus riches», reconduits pour deux ans suite à la victoire des républicains aux élections de mi-mandat, «ne seront pas renouvelés». «Entre refuser une bourse à un étudiant et demander aux millionnaires de faire un geste» en revenant au taux d'imposition en vigueur sous Bill Clinton, Obama «n'hésitera pas».

Investir dans l'éducation, la recherche et les infrastructures

L'Amérique est-elle en déclin? Obama se veut combatif: «Oui, le monde a changé. Mais nous sommes Américains. Nous relevons les défis», a-t-il lancé. Selon lui, «pour reconstruire l'Amérique, il faut investir dans l'éducation, la recherche et les infrastructures». «Les trains à grande vitesse vont plus vite en Chine, l'Internet est plus rapide en Corée. Nous avons un challenge devant nous», estime-il.

Piochant dans ses discours de campagne, il a fixé un objectif de 80% d'électricité provenant de «sources d'énergie propres d'ici à 2035», incluant notamment «le solaire, l'éolien, le nucléaire et le gaz naturel».

Ceux qui attendaient des mesures plus précises sur la réduction des dépenses seront déçus. «Nous sommes prêts à travailler avec le président, mais il doit prendre le problème à bras le corps», a réagi Paul Ryan, le républicain qui monte, chargé par son camp de répliquer au discours d'Obama.