Tunisie: Un «comité de sages» pour «protéger la révolution»

CRISE Il pourrait rédiger un nouveau code électoral et organiser l'élection d'une assemblée constituante...

Avec Reuters

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Une Tunisienne s'accroche à la jambe d'un soldat pour se protéger lors d'une manifestation à Tunis, le 20 janvier 2011.
Une Tunisienne s'accroche à la jambe d'un soldat pour se protéger lors d'une manifestation à Tunis, le 20 janvier 2011. — Z.BENSEMRA / REUTERS

Des négociations sont en cours en Tunisie pour créer un «comité des sages», appelé à remplacer ou à superviser le gouvernement provisoire contesté par la rue et à «protéger la révolution», a-t-on appris lundi dans les milieux politiques. Selon Sihem Bensédrine, figure de l'opposition sous le régime Ben Ali de retour à Tunis, cette instance pourrait comprendre des responsables politiques, des représentants de la société civile, des avocats et des responsables syndicaux.

Ce conseil pourrait notamment inclure Ahmed Mestiri, un opposant qui avait jadis rompu avec Habib Bourguiba et jouit aujourd'hui du respect des mouvements d'opposition tant laïques qu'islamistes. «Nous négocions avec le gouvernement de transition. Nous avions des contacts avec certains ministres du nouveau gouvernement ainsi qu'avec le chef de la commission pour la réforme politique», a déclaré Sihem Bensedrine, faisant allusion à une commission mise en place par le gouvernement pour réviser les lois tunisiennes.

Nouveau code électoral

«L'idée est de créer une sorte de conseil pour la protection de la révolution», a-t-elle ajouté. Il lui reviendrait la tâche de rédiger un nouveau code électoral et d'organiser l'élection d'une assemblée constituante. «Ceci apaisera la colère de l'opinion, c'est une solution pour sortir de cette crise et un moyen d'établir la confiance du peuple», a-t-elle poursuivi.

Un remaniement gouvernemental est par ailleurs attendu dans les prochains jours pour pourvoir les postes laissés vacants par les cinq ministres démissionnaires (quatre de l'UGTT, le principal syndicat tunisien, et un responsable de l'opposition), à en croire le ministre de l'Education, Taïeb Baccouche, qui précise que d'autres ministères pourraient être concernés. «Dans le cadre des consultations, on s'attend à un remaniement dans les jours qui viennent», a confié le ministre à Reuters.

L'actuel gouvernement provisoire formé par Mohamed Ghannouchi, dernier Premier ministre de Zine ben Ali, est contesté par une partie de la rue tunisienne qui lui reproche d'être par trop lié au régime déchu.