L'État algérien craint la contagion tunisienne

MAGHREB Plusieurs personnes ont été blessées lors d'une manifestation samedi...

Lucie Soullier

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Les heurts de samedi ont fait 32 blessés à Alger, selon l'opposition.
Les heurts de samedi ont fait 32 blessés à Alger, selon l'opposition. — REUTERS

«Les autorités sont des assassins!»; «Une Algérie libre et démocratique!» Les slogans résonnaient toujours, quelques heures après les affrontements de samedi, en plein cœur d'Alger, la capitale. Des partisans du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) scandaient leur colère devant le siège du parti d'opposition où les violences ont éclaté entre les forces de l'ordre et des militants qui tentaient de se rendre à une manifestation interdite.

Manque de solidarité

Un peu plus d'une semaine après la fuite du président tunisien Ben Ali, les autorités algériennes ont choisi la répression pour éviter la contagion. «Nous avons 32 blessés, dont un membre du Parlement», a précisé Saïd Saadi, le leader du RCD.

Une source policière, citée par l'agence de presse officielle APS, évoque, elle, sept policiers blessés, dont deux grièvement, et plusieurs arrestations. Une répression favorisée par le manque de solidarité entre les partis d'opposition, explique Selma Belaala, politiste à l'université de Warwick au Royaume-Uni. «Pour organiser une manifestation consistante, il faut des acteurs légitimes. Or, Saïd Saadi a mauvaise réputation, même au sein de son propre camp.»

RCD

A ne pas confondre avec le Rassemblement constitutionnel démocratique tunisien de Ben Ali. En Algérie, le Rassemblement pour la culture et la démocratie est une force d'opposition.