Alain Juppé: il n'y a pas de «flou dans la séquence des événements» au Niger

TERRORISME Le ministre de la Défense l'assure...

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Le ministre de la Défense, Alain Juppé, a déclaré mardi que "les documents qui pourraient intéresser les juges d'instruction" dans l'affaire de l'attentat de Karachi de 2002 seront "déclassifiés", après avis de la commission sur le secret défense.
Le ministre de la Défense, Alain Juppé, a déclaré mardi que "les documents qui pourraient intéresser les juges d'instruction" dans l'affaire de l'attentat de Karachi de 2002 seront "déclassifiés", après avis de la commission sur le secret défense. — Lionel Bonaventure afp.com

Le ministre français de la Défense Alain Juppé a assuré mardi qu'il n'existait pas de «flou dans la séquence des événéments» de la mort des deux otages français au Niger, mais l'enquête qui commence devra néanmoins éclaircir certaines zones d'ombre.

«De notre point de vue, aucun élément n'est flou dans la séquence des événements», a affirmé à la presse Alain Juppé, actuellement à N'Djamena au lendemain de son passage lundi à Niamey.

«L'un d'entre eux est mort d'une balle dans la tête qui n'était pas une balle perdue», a-t-il déclaré. «Nous avons aujourd'hui toutes les raison de penser que les otages ont été exécutés par les ravisseurs», a-t-il souligné.

«Quatre ravisseurs tués»

Les deux Français de 25 ans, Antoine De Léocour et Vincent Delory, ont été enlevés dans un restaurant du centre de Niamey vendredi soir et retrouvés morts le lendemain après un assaut des forces françaises en territoire malien contre les ravisseurs.

«Il y a eu trois morts et trois blessés (du côté des ravisseurs) dans un premier temps. Ensuite un ravisseur est mort des suites de ses blessures. Il y a deux militaires français blessés», a poursuivi Alain Juppé.

Le Premier ministre François Fillon a précisé que les combats impliquant les forces françaises avaient été «brefs» mais «extrêmement violents», confirmant que «quatre ravisseurs» avaient été tués.

Un seul otage tué par balle?

Selon des sources maliennes, des hélicoptères de combat français ont tiré sur le convoi de véhicules des ravisseurs dans le nord du Mali, à une quinzaine de kilomètres de la localité malienne de Tabankor (35 km au sud de Ménaka), où des épaves calcinées ont été retrouvées.

Des zones d'ombre continuent d'entourer les circonstances de la mort des otages - tués avant ou pendant le raid, sur le lieu de l'attaque ou ailleurs ? - comme celles de l'intervention militaire française qui s'est soldée par la mort de trois gendarmes nigériens.

Le ministre, qui n'a évoqué la mort par balle que d'un otage, n'a pas abordé le cas des trois gendarmes nigériens. Interrogé sur le fait qu'un ou les deux corps des otages porteraient des traces de brûlures, Alain Juppé a répondu: «Je ne peux pas vous en dire plus pour l'instant. L'enquête judiciaire conclura en fonction de l'autopsie.»

Un émir d'Aqmi derrière le rapt

Les dépouilles des deux Français ont été entreposées dans une petite clinique privée de Niamey. Leur rapatriement est prévu par un vol parti mardi soir qui est arrivé à Paris tôt ce mercredi matin. Une autopsie doit être pratiquée à l'Institut médico-légal de Paris.

Alors que de source sécuritaire malienne, des policiers anti-terroristes français sont à Niamey et «ont déjà entendu les ravisseurs», Alain Juppé a lui assuré: «Ce sont donc les autorités nigériennes qui mènent l'enquête. Il n'y pas de Français qui participent à l'interrogatoire des deux blessés mené par les autorités nigériennes».

Cette enquête doit notamment se focaliser sur l'identité des ravisseurs. La France et le Mali accusent Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) d'être derrière cet enlèvement. Toutefois, le rapt et l'exécution des otages n'ont toujours pas été revendiqués. Selon des anciens médiateurs, un Malien et un Nigérien, ayant participé par le passé à des négociations avec des preneurs d'otages, un émir d'Aqmi, Mokhtar Belmokhtar, a commandité le rapt.

Les deux Français «ciblés»

Les premières pistes s'orientaient pourtant vers le groupe d'Abou Zeid, responsable de l'enlèvement des 7 salariés (5 Français, un Togolais et un Malgache) d'Areva et de Satom en septembre à Arlit.

Autre piste que l'enquête devvra suivre, certains témoignages font penser que les deux Français ont été «ciblés»: d'autres Européens étaient dans le restaurant mais les ravisseurs sont allés directement vers les deux jeunes.