WikiLeaks: Julian Assange menacé de la peine de mort aux Etats-Unis?

JUSTICE C'est ce qu'il risque s'il est extradé là-bas, selon ses avocats...

Avec Reuters

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Julian Assange devant le manoir dans lequel il réside près de Norwich, en Grande-Bretagne, depuis sa libération sous caution, le 17 décembre 2010.
Julian Assange devant le manoir dans lequel il réside près de Norwich, en Grande-Bretagne, depuis sa libération sous caution, le 17 décembre 2010. — Kirsty Wigglesworth/AP/SIPA

Si Julian Assange est extradé de la Grande-Bretagne vers la Suède, les Etats-Unis demanderont également à le traduire en justice pour, peut-être, le condamner à mort, disent les avocats du fondateur de WikiLeaks. Tel sera, selon le cabinet d'avocats Finers Stephens Innocent, le sens de la défense de Julian Assange le 7 février, jour de l'audience plénière portant sur la demande d'extradition déposée par la Suède.

Le fondateur de WikiLeaks, un ressortissant australien de 39 ans, est réclamé par la justice suédoise pour répondre à des accusations d'agressions sexuelles, qu'il nie catégoriquement. Sa ligne de défense a été dévoilée quelques heures après sa sortie d'un tribunal de Londres, où il a comparu pour des questions de procédure.

«Il y a un réel risque qu'on le condamne à la peine de mort»

«Il y a un risque réel, s'il est extradé en Suède, que les Etats-Unis demandent son extradition et/ou son transfert illégal aux USA», peut-on lire dans un texte publié sur le site Internet du cabinet. «En effet, si Julian Assange était transféré aux USA sans l'assurance qu'il ne serait pas condamné à mort, il y a un réel risque qu'on le condamne à la peine de mort», estiment les avocats. Il risquerait également de subir de mauvais traitements, voire d'être victime de torture, ces deux dérives étant condamnées par la Convention européenne des droits de l'homme, ajoutent-ils.

Julian Assange a bénéficié le 16 décembre d'une mise en liberté conditionnelle, neuf jours après son arrestation par la police britannique, sur demande de la justice suédoise. L'audience du jour, essentiellement de procédure, a duré moins d'une demi-heure.

Une bataille juridique qui pourrait durer des mois

L'audience plénière sur l'extradition débutera le 7 février et devrait durer deux jours. Si l'issue lui est défavorable, Assange pourra faire appel et la bataille juridique pourrait durer des mois. L'expert en informatique, qui a provoqué les foudres de Washington ces dernières semaines en divulguant sur son site des milliers de notes confidentielles du département d'Etat, dénonce une campagne de diffamation liée à ses activités.

«Notre travail avec WikiLeaks se poursuit sans perdre en intensité et nous accélérons la publication du Cablegate (les câbles diplomatiques) et d'autres documents», a dit Assange à la sortie du tribunal de Belmarsh. WikiLeaks a annoncé en décembre la publication prochaine de documents révélant les pratiques «contraires à l'éthique» d'une grande banque américaine.

«C'est une situation orwellienne pour moi mais nous continuerons le combat»

«Ils sortiront bientôt par le biais de nos journaux partenaires dans le monde, grands ou petits, et d'organisations de défense des droits de l'homme», a ajouté Assange. «C'est une situation orwellienne pour moi mais nous continuerons le combat», a-t-il dit dans une interview à France Info enregistrée avant son audience. «Jusqu'à présent, la justice britannique a écouté ce que nous avions à dire», a-t-il ajouté.

Le fondateur de WikiLeaks est assigné à résidence dans une maison de l'est de l'Angleterre, doit se présenter tous les jours à la police et porter un bracelet électronique. Il dit vivre dans «une maison d'arrêt de haute technologie».