La France ne veut pas «donner de leçons» à la Tunisie

DECLARATION C'est ce qu'a fait savoir Michèle Alliot-Marie, ce mardi, aux députés...

J. R. avec Reuters
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Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, au Palais de l'Elysée le 17 novembre 2010.
Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, au Palais de l'Elysée le 17 novembre 2010. — REUTERS/Philippe Wojazer

La France ne s'engage pas. Le gouvernement français s'est en effet refusé  mardi à se poser en «donneur de leçons» à la Tunisie, et ce malgré les appels  de l'opposition qui réclame une condamnation ferme de la répression des  émeutes dans ce pays. C'est ce qu'a déclaré la ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie. 

Cette dernière  s'exprimait à l'Assemblée nationale alors que l'annonce de la mort de  quatre émeutiers, lundi à Kasserine, dans le centre-ouest du pays,  portait le bilan officiel des troubles à 20 morts, auxquels il faut  ajouter deux suicides.

Aide au maintien de l'ordre

«Notre premier message doit être celui de l'amitié entre le peuple de  France et le peuple de ces pays», a-t-elle dit en évoquant à la fois la  Tunisie et l'Algérie, où des protestations ont également lieu contre la  hausse des prix alimentaires. «Et sans nous ériger en donneurs de leçons (...) nous invitons les pays à mieux  prendre en compte les attentes de leur population», a-t-elle ajouté lors  des questions d'actualité.

Le chef de la diplomatie française a même proposé à la Tunisie l'aide de la France dans le maintien de l'ordre. «Nous avons des savoir-faire en la matière», a déclaré MAM. «Aujourd'hui, la priorité face à cette situation doit aller à  l'apaisement après des affrontements qui ont faits des morts», a-t-elle précisé. 

Se ressaisir et se montrer plus ferme

De son côté, le député socialiste Gaëtan Gorce et plusieurs autres membres de  l'opposition ont exhorté Paris à se montrer plus ferme face au régime de  Zine el Abidine Ben Ali. «Il faut que ce gouvernement se ressaisisse et s'exprime de  manière forte, à la fois pour condamner les violences et pour apporter  sa contribution à un processus de réforme indispensable», a-t-il fait savoir dans l'hémicycle.

Mais pour le gouvernement français, les émeutes en Tunisie sont avant  tout dues à l'exaspération des jeunes qui ne trouvent pas d'emploi «en  adéquation avec leur formation». Pour Michèle Alliot-Marie, les émeutes sont des «mouvements sociaux»  qui soulignent «le bien-fondé de la volonté du président de la  République, dans le cadre du G8 et du G20, de répondre aux  préoccupations et aux besoins de ces pays».