TERRORISME

Français morts au Niger: «Tout porte à penser qu'ils ont été exécutés»

Le point complet après la mort de deux Français, enlevés vendredi dans un restaurant de la capitale Niamey...

Doit-on craindre le Niger? Après la mort de deux Français, enlevés vendredi dans un restaurant de la capitale Niamey, 20minutes.fr fait le point.

>> Lire le témoignage d'un Français travaillant au Niger en cliquant ici.

Que s’est-il passé vendredi?
Deux hommes âgés de 25 ans, français, ont été enlevés dans un restaurant de la capitale, une zone qui n’est pas réputée dangereuse, par quatre hommes «en turban» et «parlant arabe» selon des témoins. Les ravisseurs ont ensuite été pris en chasse par les forces nigériennes et françaises pour libérer les otages. Plus tard dans la soirée, les corps des deux hommes ont été retrouvés.

Qui étaient ces deux hommes?
Les deux hommes étaient originaires de Linselles, en banlieue de Lille. Antoine de Léocour vivait depuis deux ans en Afrique, où il était employé par une organisation non gouvernementale française, Aide médicale internationale. Il devait épouser une Nigérienne la semaine prochaine. Vincent Delory, son ami d'enfance, ingénieur de profession, venait de le rejoindre dans la capitale nigérienne pour participer aux festivités. Leurs corps, rapatriés samedi à Niamey, seront inhumés dans leur ville d'origine (lire encadré).

Comment sont-ils morts?
On ignore si les deux Français ont été tués par leurs ravisseurs ou s’ils ont perdu la vie lors de l’échange de tirs qui a suivi entre les forces nigériennes et françaises et les ravisseurs. «Tout porte à penser qu'ils ont été exécutés», a cependant indiqué le ministre de la Défense Alain Juppé, interrogé ce dimanche soir sur TF1, confirmant ainsi la version du porte-parole du chef d'Etat major des armées, Thierry Burkhard.

Comment s'est déroulée la course-poursuite?
Les ravisseurs souhaitaient gagner la frontière malienne, à 200 kilomètres de Niamey, pour se cacher dans le Sahel, une zone réputée dangereuse et fortement déconseillée aux voyageurs par le quai d'Orsay et Nicolas Sarkozy. Les forces nigériennes se sont alors lancées à leur poursuite avec l'appui d'un Atlantique-2 (ATL-2), un avion de surveillance français à large rayon d'action doté d’une vision de jour comme de nuit. Le groupe localisé, les forces nigériennes et françaises sont intervenues. «On comprend qu'ils tentent de rejoindre au Nord, une zone refuge pour chercher du renfort. S'ils atteignent cette zone, la situation des otages devient très délicate, explique le porte-parole du ministère de la Défense. C'est à ce moment précis, qu'il est décidé de tenter d'intercepter la colonne terroriste et de libérer les otages par la force.» Deux militaires français ont été légèrement blessés dans l'opération et «plusieurs» ravisseurs tués, a ajouté le colonel Burckhard sans en préciser le nombre. Pour François Hollande (PS), cette opération était «légitime», a-t-il déclaré dimanche sur Europe1.

Qui sont les ravisseurs?
On ignore pour l'heure si ce nouvel enlèvement est ou non le fait d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). L'enlèvement de vendredi soir était le premier du genre dans la capitale du Niger, perpétré à des centaines de kilomètres des zones désertiques où les islamistes opèrent habituellement.

Le Niger est-il un pays dangereux?
Les Français ont été une cible privilégiée d’Aqmi ces six derniers mois. En septembre dernier, sept personnes dont cinq Français avaient été enlevés à Arlit dans le nord du pays. En juillet dernier, Aqmi avait exécuté l'otage français Michel Germaneau en réponse à une opération militaire mauritanienne menée avec l'appui de l'armée française qui n'avait pas permis de libérer cet homme de 78 ans. La mort des deux Français, vendredi, porte à trois le nombre de ressortissants français tués au Sahel en l'espace de six mois. Nicolas Sarkozy a, une nouvelle fois, «déconseillé vivement» aux Français de se rendre «dans cette zone» du Sahel tant que les conditions de sécurité ne seront pas meilleures.

Quid du sort des autres otages?
L’enlèvement de vendredi soir constitue «une escalade», a estimé l'expert en sécurité Soumeylou Boubeye Maiga, ancien ministre malien de la Défense, interrogé par Reuters. «C'est le signe qu'ils sont déterminés à frapper les Etats et les intérêts occidentaux dans la région pour créer une zone d'insécurité.» Selon Anne Giudicelli, directrice du cabinet de conseil Terrorisc, l’opération menée vendredi soir parl es forces françaises et nigériennes pourrait augmenter encore le danger qui pèse sur les cinq autres otages français détenus dans la région. «Pour le groupe qui les détient, cela peut être lu comme un signe que les Français ne sont plus déterminés à les sauver, a-t-elle dit à Reuters. Ils ne sont peut-être plus insensibles à la perspective de sacrifier leurs otages.»

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OBSEQUES

Les obsèques des deux jeunes hommes morts au Niger auraient lieu dans la commune, a déclaré le maire de Linselles, Jacques Remory, lors d'un point presse, dimanche. Des cahier de condoléances seront mis en place. Evoquant les parents des victimes, le maire de Linselles a affirmé qu'ils n'étaient pas en colère mais voulaient savoir précisément ce qui s'était passé.