Incidents en Egypte après l'attentat d'Alexandrie

VIOLENCES Au Caire, plusieurs centaines de jeunes chrétiens ont affronté les forces de l'ordre et pris à partie des officiels venus présenter leurs condoléances...

B.D. avec Reuters

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Des chrétiens d'Egypte manifestent autour de la voiture du grand Imam d'Al-Azhar, Ahmed al-Tayeb, venus présenter ses condoléances au patriarche copte orthodoxe Chenouda III, au Caire, le 2 janvier 2011.
Des chrétiens d'Egypte manifestent autour de la voiture du grand Imam d'Al-Azhar, Ahmed al-Tayeb, venus présenter ses condoléances au patriarche copte orthodoxe Chenouda III, au Caire, le 2 janvier 2011. — REUTERS/Mohamed Abd El-Ghany

Des incidents ont éclaté dimanche au Caire, en marge d'une manifestation de plusieurs centaines de chrétiens coptes d'Egypte réclamant davantage de protection après l'attentat meurtrier commis le soir du Nouvel An devant une église copte d'Alexandrie.

Devant la cathédrale Saint-Marc du Caire, plusieurs centaines de jeunes chrétiens ont affronté les forces de l'ordre. Les incidents se sont prolongés tard dans la nuit, la foule étant contenue par un important cordon de sécurité. Les appels au calme lancés par un responsable religieux n'ont pas apaisé les esprits. «Etes-vous avec nous ou contre nous?», ont lancé les manifestants aux forces de l'ordre, avant de dénoncer la «lâcheté» du gouvernement. «Révolution, révolution en Egypte, dans toutes les églises d'Egypte», ont scandé des jeunes gens.

Des officiels pris à partie

Plus tôt dans la journée, des officiels venus en délégation à la cathédrale Saint-Marc pour présenter leurs condoléances avaient été pris à partie par des manifestants. «Où êtes-vous lorsqu'ils tuent nos frères sous vos yeux?», ont-ils lancé à l'adresse du ministère de l'Intérieur. Une voiture de la délégation a été la cible de jets de pierres. D'autres véhicules ont été malmenés.

«Alors qu'il y a eu des menaces d'Al Qaïda, il y a un mois ou un mois et demi, est-ce que le gouvernement devait attendre que cette catastrophe se produise pour nous protéger?», dénonce un manifestant, Nader Chenouda. En novembre, un groupe irakien lié à Al-Qaida avait menacé de s'en prendre à la communauté copte d'Egypte. Et deux semaines avant l'attentat de vendredi, un site islamiste qui héberge la plupart des communiqués d'Al-Qaida appelait les musulmans à attaquer des églises au moment de Noël, qui tombe le 7 janvier dans le calendrier copte.

L'église des Saints d'Alexandrie figurait sur une liste d'Al-Qaida

L'église des Saints d'Alexandrie, où a eu lieu l'attentat, figurait sur la liste d'une cinquantaine de lieux de culte coptes en Egypte, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni désignés comme cibles par le site Internet. Le communiqué appelait «tout musulman qui se soucie de la réputation de ses sœurs à faire exploser» ces lieux de culte au moment où «ils seront remplis».

Les autorités égyptiennes, qui évoquent à demi-mot la présence d'«éléments étrangers» comme commanditaires de l'attentat, semblent privilégier la thèse d'un kamikaze. Le dispositif policier a été renforcé devant plusieurs églises orthodoxes du Caire et d'Alexandrie, ont pu constater des témoins, qui relèvent que les véhicules ne sont plus autorisés à stationner à proximité des édifices religieux. Dans une intervention télévisée, dimanche, le président égyptien Hosni Moubarak a lancé un appel à l'unité nationale, indiquant que l'attentat d'Alexandrie ne visait pas seulement les chrétiens, mais tous les Egyptiens.

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