Côte d'Ivoire: La visite de la Cédéao peu fructueuse, un convoi de l'ONU attaqué

AFRIQUE La situation reste bloquée à Abidjan...

M.P. avec Reuters
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T. Gouegnon/ Reuters

Alors que Laurent Gbagbo recevait une mission de médiation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ce mardi à Abidjan, un convoi de casques bleus a été attaqué dans le quartier populaire de Yopougon. Un casque bleu a été blessée à la machette, a annoncé l’Onuci, la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire. D’après le communiqué de l’Onuci, «une foule nombreuse a encerclé le convoi, blessant un soldat et incendiant trois véhicules». Le calme n’a pu être ramené qu’après l’intervention du général Philippe Mangou, chef d’état-major fidèle à Laurent Gbagbo.

Ce dernier, qui refuse de quitter le pouvoir, a réclamé le départ des forces de l’Onu.  Mais c’est la première fois que les casques bleus sont pris pour cible dans le pays depuis le début de la crise politique qui s’éternise.

Un geste du clan Gbagbo

C’est pourquoi la Cédéao a décidé d’une mission de la dernière chance. Les présidents du Bénin, de la Sierra Leone et du Cap-Vert ont été reçus mardi à Abidjan par le président sortant pour lui remettre un ultimatum lui demandant de céder le pouvoir à Alassane Ouattara, alors que la Cédéao l'a menacé d'un recours à «la force légitime». A l’issue de l’entrevue, le président béninois Boni Yavi a simplement lâché «tout s’est bien passé». Laurent Gbagbo ne s’est pas exprimé mais un de ses porte-parole avait prévenu avant la réunion qu'«aucune institution internationale n'a le droit d'intervenir par la force pour imposer un président à un Etat souverain».

Le clan Gbagbo a toutefois consenti un geste: le meeting des Jeunes patriotes, mouvement emmené par «le général de la jeunesse» Charles Blé Goudé prévu mercredi a été «suspendu» dans l’attente des tractations.  Des risques de débordements étaient à craindre puisque mardi, après plusieurs jours de calme, des coups de feu ont retenti dans le quartier d'Abobo à Abidjan, un bastion des partisans d'Ouattara. Un correspondant de Reuters y a vu des jeunes gens dresser des barricades avec des pneus enflammés avant d'être pourchassés par la police. On ignore s'il y a des victimes.

Les trois émissaires devaient ensuite s'entretenir avec Alassane Ouattara, retranché dans l'hôtel du Golf, un établissement de luxe bordé par la lagune et placé sous la protection des casques bleus depuis la proclamation de sa victoire, début décembre.