Côte d'Ivoire: Laurent Gbagbo s'en prend à l'ingérence de la France et des Etats-Unis

CÔTE D'IVOIRE e président a donné un entretien au Monde dans lequel il se dit victime d'un «complot»...

Julie Rasplus

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K. SIA/ AFP

Laurent Gbagbo ne cède pas. Dans un entretien accordé au Monde, le président sortant réélu s'est défendu en expliquant son point de vue, notamment le «complot» dont il se dit victime.

France et Etats-Unis dans le collimateur

Selon lui, la France et les Etats-Unis sont les responsables désignés de la situation actuelle. Ce sont bien eux «en premier lieu» qui «poussent à un affrontement interne» en raison de leurs «positions incroyables, inexplicables et injustifiables». Plus précisément, c'est l'action des ambassadeurs français et américains, à la fin des élections, que Laurent Gbagbo critique.

«Le lendemain, l'ambassadeur de France et l'ambassadeur des Etats-Unis vont chercher Youssouf Bakayoko, président de la CEI, et l'amènent à l'hôtel du Golf, qui est le quartier général de mon adversaire», se souvient Laurent Ggabo. Sur place, «on apprend qu'il y a une télévision étrangère» qui aurait donné Ouattara vainqueur. «Le président du Conseil constitutionnel décide que Gbagbo Laurent est élu président de la République. A partir de ce moment-là, Français et Américains disent: non, nous c'est Ouattara que nous reconnaissons. C'est tout ça qu'on appelle le complot», a expliqué le président sortant.

«Vérifier les faits»

Interrogé sur les «enlèvements, les tortures d'opposants, les 173 morts selon l'Onu», Laurent Gbagbo est clair: «dès lundi, je vais demander au ministre de la justice de mettre tous les procureurs [à l'oeuvre] pour faire des enquêtes», tout en précisant que selon ses informations il n'y aurait «pas plus» de morts que cela.

Mardi, une délégation de chefs d'Etat doit convaincre Laurent Gbagbo de céder sa place. Le cas échéant, ils n'excluent pas de recourir à la force. Le président de la Côte d'Ivoire a déclaré vouloir leur dire «d'aller vérifier la matérialité des faits». Il a également assuré prendre les menaces de la Cédéao au sérieux mais rester «tranquille».