Un texte des familles des otages du Mali pour qu'on «n'oublie pas» leurs proches

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Les familles des otages français retenus au Mali depuis le 16 septembre ont transmis un texte écrit collectivement au quotidien Ouest-France qui le publie vendredi sur son site internet, pour qu'«on n'oublie pas» leurs proches, après 100 jours de captivité. «Demain, jour de Noël, cela fait 100 jours que 5 Français, un Malgache et un Togolais, sont retenus en otages au Mali par un groupe de terroristes d’Aqmi, Al Qaïda au Maghreb islamique», explique le communiqué transmis jeudi au quotidien.

«Depuis le début, une discrétion absolue est gardée de la part des autorités et des familles, afin de sauvegarder toutes les chances de libération de nos otages. Noël, avec sa symbolique, et au-delà de toutes les croyances religieuses, est une occasion de rappeler que pour ces 100 jours, “on ne les oublie pas"», ajoutent les familles.

Rumeurs

«Aux rares informations confirmées, données par l’État, s’ajoutent des rumeurs, invérifiables, qui circulent sur Internet. Difficile de savoir dans quelles conditions ces otages vivent leur captivité. Une chose est sûre: l’attente est insupportable pour les proches», poursuivent-elles.

«Pour l'instant, cent jours après leur enlèvement, il n’existe toujours aucune demande crédible et recevable par la France pour engager des négociations en vue de la libération des otages», ajoutent-elles, après avoir rappelé que «dans ses revendications, mi-novembre, le groupe terroriste Aqmi» a demandé l'abrogation de la loi sur le port du voile intégral dans l’espace public français, le retrait des soldats français d'Afghanistan, et que chaque négociation soit «effectuée avec Ben Laden et à ses conditions».

Enlèvement très peu médiatisé

Les familles présentent ensuite chacun des cinq otages français: «Il y a Daniel Larribe, 59 ans, ingénieur expert en techniques minières pour Areva, et son épouse, Françoise, 62 ans ; ils habitent Mialet, près d’Alès dans le Gard et ont deux filles de 30 et 26 ans. Daniel et Françoise Larribe s’occupaient également d¹une ONG (Organisation non gouvernementale) à Arlit pour aider les paysans locaux et les maraîchers. Il y a aussi Thierry Dol, ingénieur de 29 ans pour un sous-traitant d¹Areva, marié, originaire de la Martinique ; Pierre Legrand, 25 ans, originaire de Couffé en Loire-Atlantique, qui est fiancé et travaille pour une filiale de Vinci, et Marc Ferret, 43 ans, Français habitant Madagascar, salarié du groupe Vinci au Niger; Jean-Claude Rakotoarilalao, 60 ans et Alex Kodjo Ahonado, ingénieur zootechnicien et père de 6 enfants».

Les familles soulignent que l'enlèvement de leurs proches est «très peu médiatisé, alors que les jours de captivité (bientôt un an) des deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, enlevés par les talibans le 30 décembre 2009 en Afghanistan, sont égrenés tous les soirs sur les écrans de télé».