Selon un ministre chinois, attribuer le prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo est «une farce politique»

© 2010 AFP

— 

L'attribution du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo est «ridicule», a jugé lundi le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Cui Tiankai, en présence duquel l'Australie a renouvelé publiquement son appel pour la libération du dissident chinois emprisonné.

«Je pense que ce n'est pas une question de droits de l'Homme, mais une question de respect pour le système judiciaire chinois et les sentiments du peuple chinois», a déclaré Cui Tiankai lors d'un point de presse commun dans la capitale chinoise avec la sous-secrétaire d'Etat australienne aux Affaires étrangères Heather Smith.

«En réalité, honorer un criminel est plutôt ridicule. Cet épisode est en lui-même une farce politique», a poursuivi le vice-ministre chinois.

Liu Xiaobo a été condamné pour «subversion» à 11 ans de prison en décembre 2009 après avoir codirigé une charte appelant à l'avènement d'une démocratie en Chine.

«Je pense que l'écrasante majorité des gens à travers le monde, particulièrement ceux vivant dans les pays développés, ne seront pas d'accord» avec ce prix, a affirmé Cui Tankai, selon lequel «ce qui est juste et ce qui est injuste en la matière est assez clair».

Quelques instants auparavant, Heather Smith déclarait à la presse, que durant ses entretiens avec M. Cui et d'autres responsables chinois dans le cadre d'un dialogue régulier sur les droits de l'Homme, elle avait «renouvelé les appels pour la libération du Dr Liu Xiaobo». Elle n'a pas repris la parole après son interlocuteur chinois.

Depuis que la prestigieuse distinction a été attribuée à Liu le 8 octobre, plusieurs responsables politiques occidentaux auraient demandé sa libération lors d'une visite à Pékin, dont le Premier ministre britannique David Cameron, mais aucun ne l'avait jusqu'ici fait publiquement.

Heather Smith a ajouté avoir soulevé lundi 31 affaires de droits de l'Homme auprès des responsables chinois, mais sans fournir de détails sur les autres cas.

Elle a précisé que le cas de Matthew Ng, le responsable australien d'une agence de voyages, arrêté à Canton (sud) et accusé de corruption, n'avait pas été discuté lundi.

«Je pense que chacune des parties a une meilleure compréhension des positions de l'autre et souhaite travailler à l'amélioration de la situation en matière de droits de l'Homme», a encore déclaré Heather Smith suite à ses entretiens.