Côte d'Ivoire: De nouveaux rassemblements prévus ce vendredi

MONDE Les tensions sont toujours aussi vives dans le pays après les affrontements de jeudi...

Avec Reuters

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L.GNAGO / REUTERS

La Côte d'Ivoire est sous tension ce vendredi après les affrontements meurtriers entre les forces de sécurité loyales à Laurent Gbagbo et les partisans d'Alassane Ouattara, qui projettent de nouveaux rassemblements dans la journée.

Les violentes manifestations de jeudi, qui ont ravivé le spectre de la guerre civile, ont fait au moins 20 morts à Abidjan, dix manifestants et dix membres des forces de l'ordre, selon une porte-parole du président sortant, dont la réélection proclamée par le Conseil constitutionnel est rejetée par la communauté internationale.

Affrontements à Abidjan et à Tiebissou

Le gouvernement mis en place par Alassane Ouattara, déclaré vainqueur de la présidentielle par la Commission électorale indépendante avec le soutien de la communauté internationale, a indiqué pour sa part que les forces de sécurité loyales à Gbagbo avaient tué 14 manifestants qui marchaient sur le siège de la Radiotélévision ivoirienne (RTI).

Des coups de feu et des tirs d'armes lourdes ont retenti près de l'hôtel du Golf, quartier général d'Alassane Ouattara dans la capitale économique ivoirienne. Des affrontements ont également été signalés à Tiebissou, une ville du centre de la Côte d'Ivoire sur la ligne de démarcation qui divise le pays depuis la brève guerre civile de 2002-2003 entre le Nord tenu par les rebelles et le Sud contrôlé par le gouvernement de Laurent Gbagbo.

«Nous continuerons à défiler»

Les partisans d'Alassane Ouattara ont annoncé qu'ils poursuivraient leurs manifestations ce vendredi pour forcer Laurent Gbagbo à céder le pouvoir. «Nous continuerons à défiler. Vendredi, nous essaierons de nouveau de nous rendre à la RTI», a déclaré jeudi soir un porte-parole de l'équipe Ouattara, Patrick Achi.

Les violences de jeudi sont les plus graves depuis que le pays a basculé dans une situation de blocage politique, les deux candidats du second tour, le 28 novembre dernier, se considérant comme élu. «Les forces de sécurité pro-Gbagbo comme les Forces nouvelles rebelles pro-Ouattara semblent prêtes à en découdre, et il suffirait de très peu de chose pour que la situation dégénère complètement», redoute Rolake Akinola, analyste chez VoxFrontier Consulting.

Ultimatum à Laurent Gbagbo pour quitter le pays

A Washington, un responsable de l'administration a prévenu jeudi soir que les Etats-Unis, la France et les puissances africaines avaient fixé à Laurent Gbagbo un ultimatum pour quitter la Côte d'Ivoire dans un délai qui se compte «en jours», faute de quoi il s'exposerait à des sanctions. «Nous pensons fermement qu'il écoute attentivement ce que les Etats-Unis, la France, la Cedeao et l'Union africaine lui disent tous clairement. Il a une décision à prendre et il a un laps de temps limité pour se décider», a-t-il dit.

L'Union européenne s'est accordée lundi sur des sanctions ciblées contre le président de la Côte d'Ivoire et son entourage. Mais des sources diplomatiques à Bruxelles soulignent que la France pressent ses partenaires pour que les sanctions ne soient pas immédiatement appliquées. Paris, explique-t-on, souhaite conserver une carte pour faire face à une dégradation de la situation.