les pro-ouattara violemment repoussés

Armelle Le Goff

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Des partisans d'Alassane Ouattara dans les rues d'Abidjan, hier.
Des partisans d'Alassane Ouattara dans les rues d'Abidjan, hier. — E. EKRA / AP / SIPA

Des tirs à l'arme lourde à Abidjan, des manifestants dispersés par les forces de sécurité ivoiriennes tirant à balles réelles à Yamoussoukro, la capitale administrative, la Côte d'Ivoire était au bord de l'embrasement hier. Quatre personnes au moins auraient trouvé la mort, mais certaines sources évoquaient trente morts. Signe de l'extrême tension, hier soir, l'Onu annonçait avoir posté 800 de ses soldats autour du Golf Hotel, où s'est retranché Alassane Ouattara.

Gbagbo prêt à aller jusqu'au bout
Mardi, Alassane Ouattara, proclamé vainqueur du second tour de la présidentielle avec 54 % des suffrages par la Commission électorale indépendante (CEI) contre Laurent Gbagbo, qui refuse de lui céder sa place, avait appelé « la population ivoirienne dans toutes ses composantes » à marcher sur Abidjan et à reprendre le contrôle de la Radio télévision ivoirienne (RTI). Mais sans le soutien de l'armée, fidèle au président sortant, l'initiative était risquée. Néanmoins, « c'était la seule possibilité pour Ouattara de sortir de l'ornière, analyse Philippe Hugon, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Il lui fallait agir car, en réalité, le temps joue pour Gbagbo. On sait comment cela se passe : les premiers jours, la communauté internationale est très ferme et puis, au fil des semaines, elle est obligée d'accepter la situation qui s'impose à elle. »
Mais, même sous la pression populaire, il est peu probable que Gbagbo accepte de se retirer. « Des propositions lui auraient été faites, notamment pour prendre la présidence de l'Union africaine (UA), doublées de la promesse de ne pas être poursuivi, mais il aurait tout refusé, explique Philippe Hugon. Il considère qu'il a une mission et qu'il doit aller jusqu'au bout. »