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AFRIQUE

Vive tension en Côte d'Ivoire

Le QG d’Alassane Ouattara a été encerclé par des soldats fidèles à Laurent Gbagbo lundi après-midi, avant que la situation ne s'apaise...

Après deux semaines de paralysie en Côte d’Ivoire, qui a toujours un président élu et un président qui refuse de quitter le pouvoir, la situation commence à se tendre à Abidjan. Le QG d’Alassane Ouattara, le président reconnu par la communauté internationale, a été encerclé lundi par une vingtaine de soldats fidèles à Laurent Gbagbo armés de mitrailleuses et de lance-grenades.

Un porte-parole de Ouattara a déclaré que ce déploiement avait été précédé d'une première tentative des militaires d'installer un poste de contrôle près de l'hôtel Golf, où réside l’opposant à Laurent Gbagbo. Les forces rebelles les en ont chassés par la suite. Les militaires loyaux à Gbagbo ont également bloqué l'accès à deux axes routiers menant à l'hôtel du Golf. «Les rebelles des Forces nouvelles ont démantelé le poste de contrôle. Il y a eu des tirs mais ils ont tiré en l'air», a déclaré par téléphone à Reuters le porte-parole, Patrick Achi. Il a ajouté: «Cela ressemble à un blocus. Ils ne laisseront entrer personne.»

Marche pacifique sur les bâtiments publics

L’hôtel du Golf où est retranché Alassane Ouattara est placé sous la protection des Casques bleus de l'Onuci. C’est le représentant de l'Onu en Côte d'Ivoire, Choi Young-jin, qui a réussi à apaiser la situation et à faire quitter les lieux les soldats ivoiriens, d’après son porte-parole. «Il s'est rendu là où il y a eu des incidents et a réussi à apaiser la situation», a précisé Hamadoun Touré. Les ex-rebelles ont accepté de se retirer à l'intérieur du Golf.

Ce regain de tension intervient alors que l’Union européenne a décidé d’adopter des sanctions contre Laurent Gbagbo, qui refuse de quitter son poste, et ses alliés.

Par ailleurs, le camp Ouattara, retranché depuis la proclamation des résultats début décembre, semble décidé à prendre définitivement le pouvoir. Alassane Ouattara a indiqué jeudi qu’il se rendrait, avec ses fidèles, sur les bâtiments publics de la télévision d’Etat pour en prendre le contrôle. Guillaume Soro, Premier ministre nommé par Ouattara, a de son côté indiqué qu’il tiendrait vendredi son premier conseil des ministres dans les bureaux du Premier ministre.

«Dans ces circonstances, le gouvernement légal et légitime ne peut pas rester indifférent», a-t-il dit dans une déclaration. Son porte-parole, Ache, a précisé qu'il s'agirait d'une marche pacifique qui a, toutefois, toutes les chances d'être stoppée par les forces de sécurité