Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi au Parlement, Rome, le 29 septembre 2010.
Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi au Parlement, Rome, le 29 septembre 2010. — A. BIANCHI / REUTERS

ITALIE

Berlusconi met les parlementaires en garde contre les conséquences de son éviction

Le Président du Conseil serait contraint de démissionner si le vote de confiance ne lui est pas favorable...

Berlusconi s’accroche. Menacé de devoir présenter sa démission si les parlementaires ne lui témoignent pas leur confiance lors du vote de mardi, le président du Conseil a prévenu ces derniers ce lundi qu'ils mettraient la stabilité du pays en péril s'ils faisaient chuter son gouvernement en pleine crise des dettes souveraines dans la zone euro.

L’avenir du Cavaliere se joue en effet mardi au Sénat et à la Chambre des députés. Silvio Berlusoni a assuré que son gouvernement avait permis à l'Italie d'être épargnée par la crise mais que la menace d'une brusque défiance des investisseurs à propos des finances publiques italiennes existait toujours. «C'est une folie d'ouvrir une crise sans solution en vue», a-t-il déclaré devant les sénateurs, qui devraient accorder à son gouvernement la confiance qu'il leur réclame.

«Le prix d’un vote peut varier entre 350.000 et 500.000 euros»

L'issue du vote paraît en revanche plus incertaine à la Chambre des députés, où l'opposition a déposé une motion de confiance. Les observateurs ont fait leurs calculs et certains prédisent un vote dont l'issue se jouera à une ou deux voix près. Silvio Berlusconi ne dispose plus d'une majorité absolue depuis sa rupture avec Gianfranco Fini, avec lequel il avait fondé en 2008 le Peuple de la liberté (PDL).

Président de la Chambre des députés, Fini a créé sa propre formation politique, Futur et liberté pour l'Italie (FLI), en entraînant dans son sillage une quarantaine de parlementaires. Avant le vote, le camp Berlusconi a mené une intense campagne auprès des députés jugés indécis, centristes ou alliés à Gianfranco Fini, pour les convaincre de ne pas faire chuter le gouvernement. Le Cavaliere est par ailleurs soupçonné d’avoir acheté des voix. «Le prix d’un vote peut varier entre 350.000 et 500.000 euros» (article payant), a même avancé un élu du Parti démocrate.

«Serein, optimiste et confiant»

Silvio Berlusconi s'est engagé ce lundi à élargir son gouvernement vers le centre s'il met en échec la motion de confiance. «Je suis serein, optimiste et confiant, comme je le suis toujours», a déclaré le président du Conseil, certain de survivre à cette nouvelle crise politique, au terme d'une année marquée par des scandales de moeurs et des soupçons persistants de corruption et de conflits d'intérêts.

S'il perd l'un des deux votes de mardi, Silvio Berlusconi devra démissionner. Le président Giorgio Napolitano devra alors soit confier la formation d'un nouveau gouvernement à une nouvelle personnalité ou à Berlusconi lui-même, soit convoquer des élections législatives anticipées.