Sakineh n'a pas été libérée, mais elle a été filmée

A. Le G.

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Sakineh Mohammadi Ashtiani.
Sakineh Mohammadi Ashtiani. — STR / AP / SIPA

On l'a crue libre. En fait, elle se prêtait à une reconstitution télévisée. La confusion serait née de la diffusion jeudi soir aux médias internationaux par Press TV, une chaîne iranienne publique de langue anglaise, de photos de Sakineh Mohammadi Ashtiani, avec son fils, dans sa maison. Immédiatement, le Comité contre la lapidation, qui soutient la jeune femme, a cru à sa libération. Mais, Sakineh est toujours en prison et doit être pendue pour complicité dans le meurtre de son mari. Condamnée à la lapidation pour adultère en 2007, les autorités iraniennes ont, face à l'émotion de l'Occident, annoncé en septembre la suspension de sa peine. Cela n'empêche pas Téhéran d'accuser la presse internationale d'avoir déformé l'affaire pour diaboliser la République islamique.

« Il avait décidé de l'électrocuter »
Le documentaire diffusé samedi visait donc à réaffirmer la culpabilité de Sakineh. Les images, en noir et blanc, la montrent administrant un sédatif à son pseudo-mari, avant qu'un acteur jouant le rôle de son amant relie son cou et ses pieds à une prise électrique. « Il avait décidé de l'électrocuter », y explique Sakineh. Le film est entrecoupé de photographies du véritable corps. Ce n'est pas la première fois que la jeune femme apparaît à la télévision, puisqu'elle y a déjà fait, par deux fois, des aveux partiels, extorqués sous la torture, selon son avocat.