Côte d'Ivoire: Pour Gbagbo, «il n'y aura pas de guerre»

CRISE Le président sortant a donné des signes d'une volonté d'engager un dialogue pour mettre fin à l'impasse institutionnelle...

B.D. avec Reuters

— 

SEYLLOU/AFP

Il se veut optimiste. Le président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, a affirmé ce vendredi lors d’une interview qu’il n’y aurait pas de guerre civile en Côte d'Ivoire. Il a même laissé entrevoir la possibilité de discussions avec le camp d'Allassane Ouattara pour régler la crise politique.

>> Les différents scénarios qui peuvent se passer en Côte d'Ivoire, c'est par ici

Dans les colonnes de Fraternité Matin, un journal proche du gouvernement, Laurent Gbagbo déclare: «On entend souvent les gens dire qu'il y aura la guerre, il y aura une déflagration. Il n'y aura pas de guerre ici. Les affaires tournent et l'on va finir par s'asseoir (ensemble). Asseyons-nous et discutons», ajoute-t-il. Le camp Outtara n'était pas disponible dans l'immédiat pour réagir aux propos de Laurent Gbagbo mais par le passé, il s'est dit prêt au dialogue à condition que le président sortant cède le pouvoir à son adversaire.

Menaces du patronat ivoirien

Ces propos constituent le premier signe d'une apparente volonté d'engager un dialogue pour mettre fin à l'impasse institutionnelle dans laquelle se trouve le pays depuis plus d’une semaine maintenant. Peut-être cette ouverture est-elle dûe à la baisse vertigineuse des livraisons des précieuses fèves de cacao aux ports d'Abidjan et de San Pédro, vers la frontière libérienne. Ou aux menaces du patronat ivoirien, qui affirme ne plus vouloir payer d'impôts jusqu'à ce que la crise institutionnelle soit réglée.

En dépit d'intenses pressions diplomatiques et de menaces d'isolement, Laurent Gbagbo conserve le soutien des chefs de l'armée ivoirienne et des médias, et continue de gouverner à partir de bâtiments officiels. Alassane Ouattara est, quant à lui, toujours retranché dans l'hôtel du Golf, au bord de la lagune Ebrié, sous bonne garde des casques bleus de l'Onuci.

Mesures punitives

A l'issue d'un entretien avec son homologue américaine Hillary Clinton, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Henry Odein Ajumogobia, a indiqué que les pays membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) étaient prêts à soutenir d'autres mesures punitives contre Laurent Gbagbo. «Nous appuierons et la Cedeao appuiera (...) tout régime de sanctions prescrit par la communauté internationale, les Nations unies, l'Union européenne et l'Union africaine», a-t-il martelé.

Le président américain Barack Obama a, pour sa part, fait un geste en direction de Laurent Gbagbo en lui proposant de le recevoir à la Maison blanche s'il démissionne. L'intéressé n'a pas répondu.