Prix Nobel de la paix: Appel unanime à la libération de Liu Xiaobo

CEREMONIE Il n'a pas pu assister à la remise de sa récompense...

C.C. avec Reuters

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SCANPIX NORWAY / REUTERS

C’est à une chaise vide qu’a été remis symboliquement le prix Nobel de la paix ce vendredi à Oslo (Norvège) en l’absence du dissident chinois Liu Xiaobo. Ce dernier, qui purge une peine de onze ans de prison en Chine, a dédié son prix aux «âmes perdues» dans la répression de la révolte de la place Tiananmen en 1989, a déclaré le président du comité Nobel, Thorbjörn Jagland, qui a appelé à sa libération.

Le comité Nobel a en outre déploré qu'aucun membre de sa famille n'ait été autorisé à se rendre à Oslo pour recevoir le prix en son nom. La réaction de la Chine à l'attribution du prix Nobel à un opposant du régime prouve que ce choix était «nécessaire et opportun», a estimé le président du comité.

«Si le pays est capable de développer une économie sociale de marché tout en garantissant les droits de l'homme, cela aura un énorme impact favorable sur le monde. Sinon, il y aura le danger d'une crise sociale et économique (...) avec des conséquences pour tous», a-t-il ajouté.

«Liu Xiaobo rappelle que la dignité humaine dépend de l'avancée de la démocratie»

Barack Obama a pour sa part regretté l’absence de Liu Xiaobo, demandant également sa libération, et exhorté la Chine à davantage d'avancées en matière de démocratie. «L'Amérique respecte la culture unique et les traditions des différents pays», a dit le président américain.

«Nous respectons l'extraordinaire travail de la Chine pour sortir des millions de citoyens de la pauvreté et croyons que dans les droits de l'homme, il y a la dignité, qui vient avec la libération du besoin. Mais Liu Xiaobo nous rappelle que la dignité humaine dépend aussi de l'avancée de la démocratie, de l'ouverture de la société et du règne de la loi», a-t-il indiqué.

Une «farce politique» pour la Chine

Et la Chine n'a pas tardé à répondre puisqu'elle a qualifié ce vendredi la cérémonie de «farce politique» ne représentant nullement la majorité des pays du monde, tout particulièrement ceux en voie de développement. «Nous nous opposons résolument à ce qu'un quelconque pays ou individu se serve du prix Nobel de la paix pour s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine ou empiète sur sa souveraineté nationale», a dit la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu.

Pékin avait qualifié par le passé d'«obscène» le choix de l'opposant Liu Xiaobo, emprisonné dans son pays pour «subversion contre l'Etat», pour le Nobel de la paix 2010.